mercredi 14 mars 2012

Persévérance

Avec tous les efforts menés jusqu’ici depuis les balbutiements de mon projet en 2008, je comprends bien maintenant ce qu’est la persévérance; la constance et la résistance dans l’effort pour continuer d’avancer vers l’objectif convoité malgré les obstacles et les embarras qui se dressent sur la route. 

À l’assaut de mon vélo, le 4 décembre dernier, je passais le pas de ma porte, mon casque à la main, souriante. Quelques secondes plus tard, après quatre enjambées à peine, une bête chute m’envoyait au tapis. À l’instant même où mon avant bras percutait le sol, j’ai senti sous l’impact de ma chute l’os se morceler. Mon bras, déformé requérait des soins et moi, contrariée, ne pensais qu’à la traversée de l’Atlantique à la rame!

Après quelques jours à l’hôpital et un passage en salle d’opération, je me suis retrouvée sept semaines immobile et bien sage, le bras emprisonné dans un plâtre. Durant deux mois, je me pouvais répondre à la question fatidique à savoir si mon bras allait être prêt au mois de mai pour me permettre de ramer avec rigueur 100 jours durant. Lorsqu’on m’a libérée de l’accoutrement barbare qui gardait mon bras prisonnier, je me suis sentie étrangère à moi-même comme si ce membre ne m’appartenait plus, ne répondant plus à la moindre commande. Depuis fin janvier, je travaille à réadapter mon bras atrophié afin de lui redonner sa forme, sa force et ses fonctions. 

Pour fournir au projet une sécurité maximum, je dois pouvoir m’accomplir à 110% et ne dépendre de personne physiquement. Aujourd’hui, j’ai encore besoin d’assistance pour ouvrir un vulgaire pot de moutarde! En cas d’urgence durant l’expédition, les procédures exigeront que je sois capable de soulever une charge de 80 kg et à l’heure actuelle, même après le travail de réadaptation, c’est un exercice complètement irréaliste. En suivant le progrès actuel, je peux espérer retourner à la rame modérée en avril ou mai. 

Je choisis donc de reporter mon expédition à mai 2013. 

Pourquoi douze mois de plus? Parce que mon départ nécessite une toute petite fenêtre météo de deux semaines quelque part entre la mi-mai et la mi-juin pour me permettre de partir sur l’océan à la vitesse qu’impose mon bateau. Même si mon bras s’avérerait prêt en juillet, l’océan, lui, ne me laissera plus passer.
Ces douze mois supplémentaires vont contribuer à me préparer davantage. En ayant profité de l’été 2011 pour me mettre au défi en m’entraînant avec mon embarcation, j’entends exploiter l’été suivant à parfaire mon entraînement comme navigatrice. Je vais donc partir rencontrer l’océan et naviguer avec un équipage à bord d’un voilier. Six semaines sur les eaux froides et tumultueuses du nord de l’Atlantique vont servir d’une préparation optimale et encore plus adéquate. Quand je pense à toute l’expérience acquise l’an dernier en ramant de Montréal aux Îles de la Madeleine, je n’ose imaginer l’expérience que j’irai chercher entre la France, le grand-nord et le Québec durant six semaines de voile sur l’océan convoité depuis si longtemps. Cette nouvelle expérience viendra consolider mes chances de réussites pour ma propre expédition. 

La résilience permet d’être plus persévérant, de se réajuster et de tirer parti de chaque situation. Je crois avoir la capacité de bien rebondir et de voir les choses de façon positive même durant les moments difficiles. De remettre à l’an prochain ne m’attriste plus, je sais que je vais réussir, ce n’est qu’une question de temps.

Perseverance

With all the efforts made so far since the beginning of my project in 2008, I now understand what perseverance, steadfastness and resistance in the effort to keep moving towards the coveted goal despite obstacles and embarrassment that stand in the road.

I got on my bike, on December 4th, left my doorstep, helmet in hand, smiling. Seconds later, after just four strides, I slipped and fell to the ground. At the very moment my forearm crashed into the ground, I felt the bone fragment under the impact of my fall. My arm, twisted, required treatment and all I could think of was how I was going to manage to the Atlantic in a rowing boat!

After a few days in hospital and a short stay in the operating room, I found myself with my arm trapped in a cast for 7 weeks. For two months I could not answer the fateful question of whether my arm would be ready in May to allow me to row with rigour for 100 days. When my arm was released from its barbaric prison, it felt weird, almost as if it no longer belonged to me, unresponsive to any commands. Since late January, I have been working to rehabilitate my withered arm to restore its shape, strength and function.

To complete the project safely, I must be able to perform at 110% and not depend on anyone physically. Today, I still need help just to open a jar of mustard! In an emergency during the row, procedures require that I be able to lift a load of 80 kg and now, even after the rehabilitation work, it's a completely unrealistic exercise. Based on current progress, I hope to return to moderate training in April or May.

So, I have chosen to postpone my expedition in May 2013.
Why twelve more months? Because my departure requires a small weather window of two weeks sometime between mid-May to mid-June to allow me to cross the ocean at the speed imposed by my boat. Even if my arm were to be ready in July, the ocean would not allow me to complete the crossing.

These extra twelve months will enable me to better prepare myself. Having benefitted from the summer of 2011 by challenging myself to take off with my boat, I will now use this summer to complete my training as a navigator. I will meet from the ocean and sail with a crew aboard a yacht. Six weeks on the rough, frigid waters of the North Atlantic will serve as an optimal preparation and even more appropriate. When I think of all the experience I gained last year by rowing from Montreal to the Magdalen Islands, I cannot imagine the experience that I'll get between France, the great north and Quebec for six weeks of sailing on the ocean that I have dreamed of crossing for so long. This new experience will strengthen my chances of success for my own crossing.

Resilience can mean being more persistent, adjusting and taking advantage of every situation. I think I have the ability to bounce back and see things positively even during difficult times. 
To postpone the row to next year no longer worries me, I know I will succeed; it is only a matter of time.

samedi 31 décembre 2011

Mes mercis à la Kim


Pour tout de suite entamer ma liste de résolutions 2012 soit de nourrir mon blog à toutes les semaines, voilà ma dernière entrée de l’année qui s’achève et pour mieux commencer la prochaine. Un peu sous l’influence d’une écrivaine, Kim Thuy pour ne pas la nommer, un peu dans le désordre, je vous partage mes mercis de l’année 2011.

J’espère que vous saurez vous retrouver entre les lignes... merci de me lire.

*Merci à Loïc, 5 ans, pour ta question « T’es où là Mimi ?» le globe terrestre entre les mains
*Merci à Sonia pour ta maison qui m’a permis de m’éveiller sur la grave à tous les matins
*Merci à la Fondation David Suzuki pour votre programme de formation
*Merci au printemps arabe pour me permettre autant de réflexions
*Merci à Papi d’être là tous les jours et de fêter nos anniversaires, toujours…

*Merci pour vos cartes remplis de souhaits, vos lettres et aussi vos chèques ;)
*Merci à l’homme qui a attaché mon manteau boulevard René Lévesque
*Merci aux riverains pour vos appels de détresse inutiles à la Garde-Côtière
*Merci à Jean-Guy de Toronto pour ton hospitalité légendaire
*Merci à Cushe, pour la confiance que vous m’accordez et …aussi pour mettre des talons hauts sur le marché ;)

*Merci à David Suzuki pour votre lettre et votre accessibilité
*Merci à Benoit Marsan de toujours mieux me contrarier
*Merci pour ma nouvelle adresse et ma double vie à Havre Aubert
*Merci aux cochers qui égaient mon Vieux-Port endormi par l’hiver
*Merci à ma famille élargie qui se rapproche et s’agrandie

*Merci au programme de formation de la FDS pour m’avoir présenté tant d’amis
*Merci grosse baleine de m’avoir approché ton petit
*Merci aux textos de Luc Miousse et de mon routeur météo qui m'ont tenu en haleine
*Merci l’grous, mon nouveau frère des Îles-de-la-Madeleine
*Merci pour l’appui de Rivière-au-renard Radio Garde Côtière, merci pour Eye of a Tiger durant la nuit sur la voie 16

*Merci à l’homme de Bathurst pour avoir aplanit mes problèmes, depuis…
*Merci à L’Écho-Fêtes de Trois-Pistoles pour la plus belle ovation de ma vie
*Merci Mikael pour ton t-shirt et ton streap-tease sur le quai
*Merci Dominique Champagne, tu as ouvert en moi une porte que je ne peux plus refermer
*Merci à vos adieux sur le ponton de Trois-Pistoles, bière à la main, à 4h du matin

*Merci Papa d’avoir confiance en moi, de me supporter et d’être si conciliant
*Merci aux étudiants de l’U de M pour vos témoignages ébranlants
*Merci Pierre-John pour la conversation sous le vent du large, tu sais, toi aussi
*Merci aux mauvaises conditions climatiques de Port Hawkesbury
*Merci Marie à Matane pour m’avoir sortie de mon milieu et m’avoir ouvert enfin les yeux

*Merci à l’ambulancier d’avoir sauvé mon manteau de ski des grands ciseaux de l’urgence
*Merci même à Monsieur l’agent pour son atypique indulgence
*Merci au fils autiste du maire de Portneuf pour son coup au bâton et son premier but de l’été
*Merci Dr.Sabouret pour avoir compris ma résistance et soigné mon bras cassé
*Merci à Christian pour avoir essuyé les larmes d’une rameuse si triste et d’avoir attendu patiemment que le son des sirènes nous arrive

*Merci Evelyne pour les trois clémentines et ton sourire me souhaitant bonne chance pour les éplucher
*Merci Dumas pour Alors Alors et tes merveilles le soir de ma catastrophe du 20 aout dernier
*Merci Gilles pour ton pot de miel, ton grigri et ton cigare à mon départ de l’anse-à-Beaufils
*Merci pour ton paquet vide, full aluminium, qui m’a permis de fabriquer mes propres fusibles
*Merci à l’opérateur de machinerie lourde de m’avoir donné les commandes de sa pelle mécanique et de m’avoir fait sentir comme au jour de Noel quand j’étais toute petite

*Merci Diane Reid pour notre soirée en crazy carpet sur toute petite butte de Toronto
*Merci au feu de ne pas s’être propagé et à la boucane de m’avoir réveillé aussitôt
*Merci à la Vieille Usine pour m’avoir nourri tous les jours
*Merci au chef pour ses croque-matin de débiles cuits au four
*Merci à Stéphane pour mon entrainement spécial sur le sable fin de la plage de Bassin

*Merci à ma Peta pour ces beaux moments à l’abri sous ton toit
*Merci à mon nouveau prof de guitare pour mon fichu mal de doigts
*Merci à Laurence, 2 ans, de me faire voir la vie autrement
*Merci à tous ces outils qui me permettent de gratter sous mon plâtre… rapidement
*Merci à ma nouvelle amie mexicaine que j’aime, que j’aime 
*Merci à François et Lyne pour votre dépendance aux agates juste après la marrée
*Merci Jean Faucon au centre de réadaptation pour m’offrir une si belle opportunité
*Merci aux demoiselles pour m’avoir orienté au lever du jour
*Merci Maman pour tes soins, tes délicatesses et ton sens de l’humour
*Merci mon colloc pour ton aide, ton écoute, pour tout partager, de ta soupe réconfortante à notre filleul adoré

*Merci Guylène Levesque pour ta visite et pour le grand ménage
*Merci au petit Nicolas Linke pour sa visite au salon et son exposé oral
*Merci à l’homme de la Chaudière, à Saint-Laurent, à Jaco, à Hermel et Mario et aux autres oubliés... 
*Merci à mes vieux amis de toujours être là et de m’attendre pour commencer la soirée...
*Merci à mon bras droit d’être toujours intact, d’avoir résisté à l’impact pour me permettre d’encore écrire au clavier…

Bonne Année


jeudi 8 septembre 2011

Encore en mer

Mardi matin, le 6 septembre, j'étais au "summum" du découragement...

Les conditions météo n'annonçaient rien de très réjouissant pour Peta et moi.
Une autre journée à passer dans ma cabine.
Y avoir pensé plus tôt, j'aurais "downloadé" l'application ANGRY BIRDS sur mon Iphone!

J'ai aussi appris à mes dépends, à ne jamais montrer son désespoir à quiconque par téléphone, comme la ligne satellite coupait, 20 minutes plus tard c'était la garde-côtière qui m’appelait par la radio VHF afin de vérifier si tout allait bien. Comme quoi, les nouvelles vont vite même du tout milieu du Golfe!

Ma dernière nuit à l'ancre aura été la plus mémorable; vers minuit, je me suis réveillée dans la fumée dans ma cabine. Une surchauffe dans mes électroniques en était responsable...sans crier "GARE" !!! mes fils "grillaient"!!! Et voilà un début d'incendie à bord...

J'ai réagi au meilleur de mon peu d'expérience en matière de "début d'incendie": j'ai coupé l'alimentation électrique, ouvert la portière (en cherchant en vain à respirer et à attraper ma lampe frontale)...puis, une vague est entrée et voilà ma belle cabine étanche souillée d'eau salée.

Morale de l'histoire: se faire une "fuse" avec du papier de plomb, c'est une mesure temporaire...pas temporaire comme dans "jusqu'à ce que je trouve les miennes" !!! mais temporaire comme jusqu'avant que le feu prenne"!

Après cette expérience, quoi de mieux que de passer 1 heure et demi à tenter de comprendre pourquoi un nouveau morceau de macramé orne la proue de ma Peta.. o_o ???

L'ancre flottante, sa ligne et sa corde de rappel s'en sont donnés à cœur joie lorsque le vent du nord à tourné.
Pour ma sécurité et celle de mon embarcation, j'ai dû couper quelque part pour sortir cet agglomérat de cordage d'en dessous du bateau et même ma dérive s'est était mêlée.
Donc, aujourd'hui, j'ai fait du macramé, quel beau passe temps!

En ce mercredi, excellente progression, et je compte arriver, possiblement jeudi soir...pour le moment, l'urgence est de sortir de la Bradelle...arghhhh !!!! (Le Bradelle est un haut-fond sur lequel on ne veut pas se retrouver puisque le clapotis y est terrible et les vagues; impressionnantes, le bateau devient alors difficile à manœuvrer et le sentiment de sécurité y devient rarissime)

Mon équipe de terre publiera l'info sur ma page dès que ça sera confirmé !

Merci d'être si nombreux à m'encourager !

Mylène en mer

lundi 5 septembre 2011

le vent, la houle et...le mal de coeur !

Ramer, ramer, ramer et ramer contre le vent...l'ancre flottante...ça fonctionne réellement.
Bien évidemment que mon Spot GPS a bel et bien indiqué la perte de territoire engendré par des vents drôlement défavorables...des pointes de vents de 15 noeuds dans le sens contraire, alors, faut se rendre à l'évidence qu'en ayant bien suivi la stratégie élaborée avec l'équipe de terre, j'ai une marge de manoeuvre telle que je peux me permettre une séquence de repos supplémentaire et profiter d'une dérive de 1 à 2 noeuds par moment et de ne pas m'acharner inlassablement contre le vent...je deviens sage....j'apprends de jour à jour à ménager mes énergies et à les déployer à bon escient quand vient le temps.

Demain, mardi...selon Michel Meulnet, le vent s'établira au nord et ces conditions favorables seront aussi présentent mercredi où je pourrai ainsi, pousser à fond et profiter d'une bonne descente.

Contre toute attente, bien que protégé des différents éléments, mon ordinateur portable n'aura pas tenu la route...il est "out of order"... la rédaction du Blog se fera ainsi: je le dicte via mon téléphone satellitaire sur un répondeur téléphonique et l'équipe de terre en assurera la rédaction.

Or, j'ai très très hâte de ramer...demain et mercredi seront d'excellentes journées -- oh...et j'étais la dernière personne au monde à penser que j'aurais le mal de mer...eh bien oui...ça m'est arrivé !!!

J'ai cru observé un requin pèlerin tout autour de ma belle embarcation...tout plein de fou de bassan...s'ils virevoltent autour de moi, c'est que les Iles ne sont pas si loin...je poserai bientôt pied sur terre.

Merci pour vos messages d'encouragement !!!

Mylène

dimanche 4 septembre 2011

Unforgettable Scare

Unforgettable Scare

Unforgettable… I ended my last blog by writing: “This passage in the bay will be unforgettable.” Accompanied by the Canadian Coast Guard Auxiliary, Hermel and I had sailed off early that morning. Our goal was to put as many nautical miles behind us as possible using the oars, before the arrival of an east wind forecasted for later in the afternoon. At the time, a single thing was dashing my happiness: even with all the energy I was expending on the oars, my speed log* never went above two knots. Despite this fly in the ointment, I was truly enjoying the tales that Hermel was telling me… about the good old days. At that moment, I would have had a hard time to believe that my day could end up with an avoidable drama.

Around noon, the east wind came up right on schedule. In the Atlantic, I would have opted for a temporary solution to let that headwind pass, but coming out the bay and close to the shore, I gave up and asked Hermel to bring the engine to life. What a nuisance! Hermel was quite happy, I was just sorry that I couldn’t row.
The only positive aspect as far as I was concerned was that I would see once more one of Quebec's great sights: Cap Gaspé. The breathtaking and imposing cliff, battered by the St. Lawrence, marked for me the high point of my journey down the St. Lawrence and the beginning of a new adventure.

Sailing out of the bay that day, my boat, more seaworthy than Hermel imagined, would slice through the impressive waves, only to crash down roughly in the troughs two metres lower. Our plan was to leave behind the Gaspé Bay to seek refuge from the winds in the south portion of Malbaie, not quite three nautical miles from the Rocher Percé. This would provide us with a break while we waited for better weather to go around Rocher Percé, maybe even rowing around it and coming in Anse-à-Beaufils later in the evening. A few minutes before getting into shelter, the engine died suddenly. As Hermel was assessing the situation, I was mesmerized by the giant steep cliffs overshadowing the water in front of us. Thirty minutes later, the fifteen-knot wind had already shifted us a fair distance offshore. As I was in constant contact with Sylvie at the Coast Guard on account of my regular reports, I decided to make known our dire circumstances to her. She suggested that we put out a distress call to all boaters and ask them to come and help us.

Ten minutes later, a blue and black zodiac approached us with 5 or 6 customers aboard, and a single man standing. To my utter surprise, this man shouted out: “Rowing across the Atlantic, now what kind of foolishness is that? Will we be the ones who will again have to go and rescue you in the Atlantic?” After three or four more insults, I was immunised. My only wish was to get away from this despicable person in the shortest time possible. Had I known at the time that the Gérald Bourdages was sailing with the Canadian Coast Guard Auxiliary from Gaspé to help us out of our jam, I would have never ever agreed to put our safety in the hands of this man. I should have refused this tow right there and then and tried to contact once more the Coast Guard.

A few minutes later, after being towed over about thirty metres, a second boat arrived, the E-M (it will remain nameless), big and impressive. My towrope was passed from one boat to the other while I was still moving. They were courting disaster with these unsafe manoeuvres. I was worried, and so was Hermel. Once my boat was behind the E-M, I felt more stable but was still unable to contact this new “good Samaritan” to explain to him how my boat would behave when being towed. A few minutes later, my log was showing speeds of 7 knots… 7.5 knots… 8 knots… The nightmare was only just beginning. I then asked the people aboard this boat to pass on a message requesting a reduction of its speed. With worried faces, the tourists on the E-M would pass on my request to the captain, and I would then notice a reduction of my speed for a short while. The speed remained stable around Rocher Percé, which I was able to admire as it went by on starboard. Right after going by Rocher Percé, I saw my speed log go back up to 8, 9,... 10 knots. I could barely keep the rudder blade straight - I was burning my hands trying to hold the rudder's ropes. My shoulders, acting as levers, were resisting the pressure of the water on the rudder. As soon as I secured the ropes in the cleats, the boat was at risk of turning on its side… my arms were as sore as I ever felt them.

I could feel Peta pitching to port and to starboard. Suddenly, I saw water on starboard at the level of my shoulders, my eyes, the top of my head… I knew then that I was about to capsize. Using all my strength, I pulled the rudder to port. Peta pitched to port, thus avoiding tipping over on the starboard side. The same thing happened then on the port side. Just then, Hermel almost fell in the water. Right after that, he untied my lifeline from the boat and explained that at our current speed, if we fell in the water we would be automatically drawn under the boat and drowned. Hermel told me that the last speed he saw on my log was 10.5 knots! A speed for which my rowboat is definitely not designed for.

The towing boat thus almost drowned us, under the powerless gaze of the tourists and their cameras, as they could not guess at the danger we were in.

Our approach of Percé’s jetty didn’t mean the end of the nightmare yet, as the E-M was still towing us there at a much too fast speed to safely tie up to the wharf. At that instant, I shouted: “Untie us right away, it’s fine, I don’t need your help anymore, I can row from the Rocher Percé… no problems anymore!” Our speed then came down to four knots. I signalled to the captain that my engine was on the side that my boat was going to tie up to the wharf – I had to turn around. I wanted him to unfasten the towrope as quickly as possible to be able to turn my boat with my oars. Without warning, the captain made a U-turn. When the towing boat quickly turned, my boat was catapulted towards the jetty as it was still tied with the towrope. I immediately took an oar to try and soften the blow. I used all my strength and shouted as I pushed on the wharf beside my boat. My oar got jammed right away between the steel beam and the rubber bumper, but Peta's nose still hit the concrete wall between the steel beams. My oar was bending under the weight of my boat and was cracking every which way with a clear "carbon fibre-ish" sound. By thrusting my oar forward, I had at least absorbed some of the impact and may have even avoided having to end my dream on account of too extensive damages.

Quite shaken, Hermel and I were still not at the end of our troubles. I now had to tie up to a twelve-foot high wharf, with cross waves pushing us violently against it. People came out on the jetty to assist us in getting the situation safely under control.

A few minutes later, I saw a small brunette peering over the top of the jetty: “Mylène, what are you doing here? I wasn’t expecting you today!” Captain Beaudin is a very good friend of Mario at the Matane yachting club. Mario had informed his Percé friends of my coming to the area and had asked them to take care of me during my arrival at, and departure from Anse-à-Beaufils. In just a few minutes, everything was arranged. Émilien and Danielle went to Anse-à-Beaufils to fetch a boat to tow me, safely, to the shelter of the cove. A thousand thanks to this great family!

After putting in at Anse-à-Beaufils, the nightmare was finally over…

As I spoke with Québec’s MRSC the following day, I came to understand that my experience could stir up a lot of trouble and generate quite a response... I could choose to lodge a complaint with Transport Canada and file a formal statement. Then I would also have the option of going to small claims court for the damages caused to my boat. After a number of conversations with the Coast Guard, and a talk with the owners of the towing boat, my complaint was nowhere near being filed. The following Thursday, my various efforts had required more time and energy than the actual towing and I soon buried the hatchet and chose to share this unpleasant experience with you on this blog.

Do keep in mind that the behaviour of these two boaters is in no way typical of the kindness and courtesy demonstrated by the region’s people. Here, people are gracious, generous, and very respectful.

Because of Irene’s windy visit, I can’t leave Anse-à-Beaufils earlier. I therefore worked all week on the preparation of my itinerary in the Gulf and spent some time looking for a good weather window to allow me to have a fine adventure. This week, a few sailboats arrived from the Magdalen Islands and their owners told me that the “Madelinots” were expecting me on the other shore. Even here I’ve heard about the Magdalen and of her magic. I am looking forward to touching the Islands' sweet and soft sand, as then I’ll have the opportunity to meet my first “Madelinots”!

Till I drop anchor in the Islands, I'll be forwarding daily blog entries by satellite phone.

* A speed log is a very small device that looks like a mini turbine located under my boat. It computes the speed of my boat in the water (a speed which might be different from its speed over ground, which is provided by my GPS).



First day at sea blog No 1

First Day at Sea


To my great surprise, when the sun came up I couldn't see anything but water. This is awesome, I finally feel that I’m where I've wanted to be for so long: by myself, rowing and being one with the environment.

When someone told me last Monday: "You do know you'll need three days to find your sea legs?", I didn’t want to believe it. After only forty minutes, I was sick as a dog! Already! With barely two short miles under my belt… Now here’s a new challenge: to push on even though I really only want to go inside to sleep or lie down. Not very proud to utter the seemingly unavoidable sentence: “I’m seasick!”

With winds gusting up to twelve knots, it was hardly surprising that the sea was so rough all through the evening. Which leaves us, my Peta and I, somewhat wary! I was still able to slide down slopes four or five times by surfing on them, with ensuing unparalleled speed bursts. When I went to get some rest at the end of the day, I had to touch my cabin’s ceiling a few times as I incorrectly thought that Peta was going to overturn, and thus confirm the proper operation of its self-righting system.

I was able to get some rest in the evening before starting to row for the whole night. As I was coming out of my cabin, I saw a bright glow in the sky. It was so bright that I thought a plane was shining a light on me... Well no, simply stars in the thousands! So numerous, with the Milky Way as background. I admired them all through the night.

Near dawn, I was able to raise hull speed to three then four knots. My goal was to travel 20 nautical miles in 24 hours. Mission accomplished.

Last night, Papi Hermel phoned to ask me what was going on: “You don’t seem to be moving forward any more!” The communication was cut off… Papi, it’s simple, I sometimes need to sleep! ;)



samedi 3 septembre 2011

Solitude et déplacements

Bonjour !

Hier, qui me semble toujours le même jour que le précédent, marque
ma deuxième journée en mer. Déjà, je suis seule depuis plus de 76 heures et
je crois bien que c’est la première fois de ma vie que je suis aussi seule
si longtemps. En fait, je ne suis pas si seule… mon équipe au sol m’écrit
et me parle grâce au téléphone satellite. Marie, à la logistique, pense à
tout pour moi à distance,si je mange, combien de temps je dors, si je bois
bien et même si j’applique ma crème solaire convenablement, elle réfléchi
même à une solution pour me faire téléporter des fusible neuves, Hermel,
toujours au poste, fidèle conseiller sur ma navigation, Michel, routeur
météo, fait une job du tonnerre depuis la France et me garde avisé des
conditions météo. Merci aussi à Denis Poupart pour ses avis météo. Sans
oublier vous tous qui m’envoyez des messages texto par téléphone satellite,
vous faites aussi partie de l’équipe vous aussi!

Mes rapports quotidiens avec la Garde Côtière me gardent alerte, malgré que
je sois un peu gênée de leur donner ma position depuis qu’elle ne se
diffère pas vraiment de mon dernier rapport ou que je ne me déplace pas
dans la bonne direction, depuis hier, jeudi midi. Le courant dans lequel je
me trouve actuellement me fait dériver vers le nord-est… pas tout à fait la
direction désirée! En allant dormir, je perds donc du terrain, j’ai donc
opté pour l’installation de mon ancre flottante pour me permettre de rester
sur place et d’attendre de meilleures conditions météo et de me permettre
un sommeil réparateur n’ayant cumulé que tout au plus 8 heures de sommeil
depuis mon départ.

Seule dans l’embarcation, je suis loin d’être seule dans cet environnement
qui pourrait sembler désertique pour certains, cette mer est pleine de vie!
Depuis les dernières 24 heures, j’ai aperçu au moins deux grandes baleines,
des marsouins et deux très très gros poissons… vous me direz ce dont il s’
agit si vous y vous connaissez, ils chassaient à la surface et ils avaient
une nageoire dorsale très effilée et pointue vers l’arrière d’une couleur
gris très pale et brillant. On parle d’un poisson de six ou sept pieds.
Durant la nuit, il m’arrive de ramer dans du phytoplancton (petit plancton
fluorescent), en activant les rames dans l’eau, j’aperçois très brièvement
de la lumière scintiller. L’an dernier, sur l’Atlantique, la lumière était
plutôt verte et ici, elle est claire ou même jaune. À ma grande surprise,
j’ aperçu une lueur sous mon embarcation, puis deux, puis trois… des
dauphins! S’activant rapidement dans le phytoplancton, ils étaient éclairés
par leurs mouvements. Les visiteurs sont restés près de moi durant quelques
minutes à faire des pirouettes en dessous de mon embarcation et en tournant
autour de moi, c’était magique! L’un d’eux a sorti son bec de l’eau pour
regarder mon embarcation et j’ai pu apercevoir leurs dorsales noires et
leurs flancs légèrement plus pale. Ils sont disparus dans la nuit, je
pouvais les entendre respirer au loin.

J’ai aussi fais une expérience particulièrement sursautante; étant
concentrée à mon œuvre à la rame, je scrute l’horizon, il m’arrive rarement
de scruter l’eau tout près de moi. En regardant à Tribord, j’aperçois une
tête noire très près de mon bateau, en fait, presque sur mon plat bord….
très rapidement je crois voir un globicéphale noir vraiment trop près de ma
dame de nage et presqu’en train de sauter dans le bateau avec moi! Je fais
un saut terrible après quoi… je me rends compte que c’est simplement la
tête de mon moteur! Ha ha ha!

Donc, ce soir, congé de rame, observation de la mer tout autour de moi,
repos, et sommeil avant d’entreprendre une bonne journée et de progresser
vers le sud, demain, si la météo me le permet.

jeudi 1 septembre 2011

Premier jour en mer

À mon grand étonnement, au lever du soleil, je ne pouvais plus apercevoir autre chose que de l’eau. C’est super, je me sens enfin dans la galère que j’espérais tant : être seule, ramer et ne faire qu’un avec l’environnement.

Quand on m’a dit lundi « Tu sais qu’il te faudra 3 jours pour t’amariner? », je ne voulais pas y croire. Après seulement quarante minutes, j’étais malade! Déjà! Avec juste deux petits miles accomplis… Voilà un nouveau défi : continuer même si je voudrais tant rentrer dormir ou m'allonger. Me voilà malade et bien peu fière de prononcer la phrase fatidique : « J’ai le mal de mer! »

Avec le vent qui forçait de ses rafales de 12 nœuds, ce n’était pas surprenant que la mer soit démontée à ce point toute la soirée. J’ai bien tenté de comprendre d’où pouvaient venir les vagues et la houle, mais la mer avait plutôt l’air de monter et de descendre sans direction ou « patern » régulier en nous laissant, ma Peta et moi, circonspectes! J’ai tout de même pu dévaler des pentes à quatre ou cinq reprises en surfant sur elles et m’accordant des pointes de vitesse sans pareil. Quand je suis allée m’étendre en fin de journée, j’ai dû, à quelques reprises, toucher le plafond de ma cabine en croyant à tord que Peta allait se coucher sur le côté et m'offrir la preuve du bon fonctionnement de son système d’autoredressement.

J’ai pu trouver un peu de repos en soirée avant de retourner aux avirons pour y passer la nuit. Au moment ou je m’apprêtais à sortir de ma cabine, sitôt ma tête sortie de la portière, j’ai aperçu une forte lueur dans le ciel juste au dessus de ma tête. C’était tellement illuminé que je croyais à la présence d'un avion qui m’éclairait... et non, c’était simplement des milliers d'étoiles! Nombreuses, sur un fond de voie lactée. Elles étaient suspendues comme pour m’observer. Je les ai admirées toute la nuit.

Vers la fin de la nuit, j’ai pu grimper la vitesse de coque à trois nœuds puis quatre. Mon objectif était de parcourir 20 miles nautiques en 24 heures. Mission accomplie.

Hier soir, Papi Hermel m’a téléphoné en me demandant ce qu’il se passait : « on dirait que tu n’avances plus! » La ligne a coupé… Papi, c’est simple, c’est parce que je dors des fois! ;)