samedi 20 août 2011

Changement de programme / Change of Tack


Since arriving in Bic, my experience has changed. I have much fewer opportunities to train and keep on heading towards the Magdalene Islands. The Nordet too often took control and I’ve had to reassess whether my goals were realistic. During my training runs on the St. Lawrence last week, a small incident slightly disturbed me. With no visibility, I had been trying for a few hours to move away from the shore to avoid its dangers and was constantly being pushed back by relentless currents. Without warning, and with much surprise on my part, I caught sight of two very big rocks on the starboard side. I then realised that I might get shipwrecked. My boat would be up to high sea conditions only, far from rocky coasts.

After that incident, I had the opportunity to discuss the situation with people from Matane, in order to find solutions.

One possibility: being escorted. A boat could tow me out to and back from the main channel before and after each run, so that I might row in open water far the shore. Unfortunately, it would be almost impossible to manage this option because of the difficulty of finding available boats at all my stops beyond Matane, and with the bad weather conditions, some boats would not be able to rendezvous with me. Last resort: being towed on land. I would have to ditch the Matane-to-Percé leg and travel directly on the road to Anse-à-Beaufils where I could quite safely set off once more, by myself and without help, with no shores or reefs to block my progress. The latter solution seemed awful to me. I reminded myself of my goals for the summer: train with the boat, acquire a better knowledge of the St. Lawrence River, and meet the public.

Mr. Hermel was the one who had a flash of inspiration: an outboard engine! It would allow me to avoid the dangers of the coasts, to get to the open sea, to come back swiftly if conditions deteriorated, to move away from danger, and to make up lost time and arrive as fast as possible at Anse-à-Beaufils, thus getting a good opportunity to sail off to the Magdalene Islands as soon as possible.

One must understand that the later I leave for Anse-à-Beaufils, the more I will potentially be impacted by anticyclone wakes in the Gulf. As the Nordet has made me lose more than two weeks, I'm forced to consider various unexpected alternatives and possibilities.  

People in Matane have been great; Mario, Jérome, Marie Giroux, Pierre, John, Delphis, and even my Radio-Canada friends have provided me with their advice and support. I quickly became aware of the positive aspects of this situation. Beyond the physical training, I was training mentally; I was learning to make decisions, to compromise, and to come to my own conclusions. Special thanks to Marie Giroux for supporting me, for repeating so often that my decision was the right one, as I was the only one who really knew my boat, and for convincing me that nobody else would do what I was doing.

A bombshell Wednesday afternoon. Since the Nordet was pinning me down in Matane, I was forced to drive to an event organized for my arrival at Sainte-Anne-des-Monts. Just before leaving Matane, I was surprised to see a trailer behind a city truck. Never have I felt so adored with no cause once there. Even though my boat had yet to arrive, I was treated to an honour guard and an eloquent speech by the Lady Mayor of Sainte-Anne. Not to be outdone, the local priest blessed my Peta on the jetty. Awesome!

Having found Marie-Eve Beaupré to be such a dynamic person on the phone, I had invited her some months ago to come aboard Peta for a test, perhaps even a quick outing. We thus left Sainte-Anne-des-Monts together to try to reach Rivière-au-Renard as quickly as possible, i.e. over two days. Despite a number of setbacks, Marie-Eve stayed on with me for a third consecutive night in Rivière-au-Renard. I simply adored having Marie-Eve on board – she is funny and cheerful and I missed her as soon as I set off.

Mr. Hermel and Gilles drove to Rivière-au-Renard in the motor vehicle to join me. With a support team on land now, I know that somebody has my back! From Rivière-au-Renard to Gaspé, Mr. Hermel took part in the journey and was in charge of the engine in rougher seas. With two-metre waves and a headwind, I was very happy to have someone taking care of the contraption for me! Whenever possible, as conditions allowed, I would row. Very slowly, I was able to accumulate eight and a half hours of rowing over the 18 nautical miles.

My stop in Gaspé was decided the previous day. As the weather was not conducive to my leaving Anse-à-Beaufils today or tomorrow, we opted for this small necessary detour so that I might better explore the area with a view to next year’s departure.

Ready this morning to take oars in hand and leave Gaspé, I’ll picture myself rowing towards France. On to Anse-à-Beaufils. The sun is rising, a light breeze whispering along with me. This passage in the bay will be unforgettable.


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Depuis Bic, mon expérience s’est transformée. J’ai beaucoup moins l’occasion de m’entraîner et continuer de progresser vers les Îles. Le Nordet s’est trop souvent imposé et j’ai du revoir si mes objectifs étaient raisonnables. La semaine dernière lors de mon entraînement sur le fleuve, tout juste avant mon coup de téléphone à Jérome, commodore de la marina de Matane, un petit événement m’a légèrement troublé. Sans aucune visibilité, je tentais depuis quelques heures de rejoindre le large afin d’éviter les cotes dangereuses, j’étais sans cesse repoussée vers la rive par des courants indomptables sans avoir la chance d'apercevoir le rivage. Sans avertir, j’ai eu la surprise d’entrevoir deux très gros rochers à tribord. J’ai alors réalisé que le naufrage me guettait, mon bateau serait en état d’assumer performance en haute mer seulement, loin des cotes rocheuses. 

Après cet épisode, j’ai pu discuter avec les gens de Matane afin d’entrevoir des solutions. Ironiquement, ma conférence présentée aux Méchins le dimanche soir était accompagnée du visionnement du film Mémoires de Marées. Le film traite de l’histoire des naufrages sur le Saint-Laurent, plus spécifiquement entre Rimouski et Sainte-Anne des Monts! 

J’ai du entrevoir différentes possibilités pour m’assurer plus de sécurité et me permettre de continuer mon entraînement sur le fleuve. Première solution; l’accompagnement. Un bateau pourrait venir me porter et me chercher au large avant et après chaque sortie afin de me permettre de ramer au large, loin des cotes. Malheureusement, il devenait presque impossible de gérer cette option vu la difficulté de trouver des embarcations disponibles à tous mes arrêts au-delà de Matane et avec les mauvaises conditions climatiques, certaines embarcations ne pourraient se permettre de venir à ma rencontre. Dernier recours; remorquage sur route. Je devais avec cette option laisser tomber la portion Matane à Percé et me rendre directement par voie terrestre à l’anse à Beaufils d’où je pourrais repartir seule et sans assistance en toute sécurité sans cotes et récifs pour entraver ma route. Cette solution m’apparaissait épouvantable. Je ne pouvais entrevoir la possibilité de sortir ma Peta de l’eau et de ne pas connaître le fleuve au complet. Je me suis rappelé mes objectifs de l’été; l’entraînement avec le bateau, mieux connaître le Saint-Laurent et rencontrer le public. 

C’est Monsieur Hermel qui a eu l’éclair de génie; un moteur! Effectivement, un engin à quatre temps me permettrait de me libérer des cotes, me diriger vers le large, revenir rapidement en cas de mauvaises conditions, m’éloigner des dangers et rattraper le temps perdu pour me rendre le plus vite possible à l’Anse à Beaufils et espérer un départ vers les îles de la Madeleine le plus tôt possible.

Il faut comprendre que plus j’accuse du retard pour mon départ de l’Anse à Beaufils, plus j’accumule les chances de frapper des restes d’anticyclones dans le golfe sur mon parcours vers les Îles. Le Nordet m’ayant retardé de plus de deux semaines m’oblige à repenser mon projet, d’entrevoir différentes alternatives et possibilités jusqu’alors insoupçonnées.  

Les gens de Matane ont été extraordinaires, Mario, Jérome, Marie Giroux, Pierre John, Delphis et même mes amis de Radio-Canada ont su me conseiller et m’apporter leur support. J’ai tôt fait d’observer ce que cette situation m’apportait de positif; loin de m’entraîner physiquement, je m’entraînais mentalement; je m’entraînais à prendre des décisions, à faire des concessions et à tirer mes propres conclusions. Merci Marie Giroux de m’avoir supporté de répété si souvent que ma décision était la bonne, parce que moi seule connaissait mon bateau et que personne d’autre ferait ce que je fais.

Mercredi après-midi; coup de théâtre; comme le Nordet me retenait à Matane, j’étais contrainte de me rendre à un événement organisé pour mon arrivée à Sainte-Anne des Monts en voiture. Tout juste avant de quitter Matane, j’ai eu la surprise de voir arriver une remorque derrière un camion de la ville. Jamais je ne m’étais sentie aussi adulée sans mérite une fois sur place, arrivée avant même mon bateau, j’ai eu droit à une haie d’honneur et à un éloquent discours de Madame le Maire de Sainte-Anne. Digne d’une pièce de théâtre curé est venu bénir ma Peta sur les pontons. C'était génial! 

Ayant trouvé Marie-Eve Beaupré super dynamique par téléphone, il y a de ça plusieurs mois, je l’avais alors invité à monter à bord de Peta pour un essai voir une petite promenade. Super enjouée, Marie-Eve désirait toujours monter à bord et ce même après mes mésaventures de Nordet. Nous sommes donc parti de Sainte-Anne des Monts ensembles pour tenter de rejoindre Rivière au Renard le plus rapidement possible sur deux jours. Même après avoir touché le fond à Mont-Louis, eu des problèmes moteur durant la nuit, avoir été percuté par un MMNI (mammifère marin non identifié) Marie-Eve est restée pour une troisième nuit consécutive avec moi à Rivière au Renard. J’ai adoré avoir Marie-Eve à bord moi, drôle et enjouée, le temps s’est écoulé trop vite, sa présence m’a manqué dès son départ.

À Rivière au Renard, Monsieur Hermel et gilles sont venus me rejoindre avec le véhicule motorisé. Maintenant, équipée d’un support physique au sol, je me sens bien entourée! De Rivière au Renard à Gaspé, Hermel faisait partie du voyage et s’est occupé du moteur dans les mers difficiles. Devant les creux de deux mètres avec le vent contraire j'étais bien heureuse de voir quelqu'un s'occuper de l'engin pour moi! Aussitôt que possible, lorsque les conditions le permettait; je ramais. Très lentement, j’ai pu cumuler 8h30 de rame sur les 18 miles nautiques.

Mon arrêt à Gaspé s’est décidé la veille, comme la météo ne serait pas favorable à mon départ de l’anse à Beaufils aujourd’hui ou demain, nous avons opté pour ce petit détour nécessaire pour que je puisse mieux explorer les lieux pour un départ l’an prochain. 

Maintenant prête à partir sur mes avirons, je vais m’imaginer ramer pour la France en quittant Gaspé ce matin. Direction Anse à Beaufils. Le soleil se lève, une brise légère est avec moi. Un grand trois mats est prévu quitter à la même heure. Mon passage dans la baie sera inoubliable.

lundi 8 août 2011

De Tadou à Matane / From Tadou to Matane


My travels on the St. Lawrence River are quite a bit harder to manage than was the case for my Atlantic Ocean escapade last year. The River is much rougher than the Atlantic and provides no safe havens except the marinas that dot the shore. At least in the Atlantic, I knew that I would row for twelve hours, move forward, rest, write, and eat… Here, when I leave a jetty, there's no guarantee as to arrival time at the next one.

Since Tadoussac, I’ve sailed four times: from Tadoussac to Trois-Pistoles with my friend Alex, from Trois-Pistoles to Bic then on to Rimouski, from Rimouski to the Les-Boules cove, and from Les-Boules to Matane.
Between Tadoussac and Trois-Pistoles, some people thought we were whales – a few times, the tour boats came right up to us. My mother, who was on Tadoussac’s jetty when we shipped out, told me that a guide was describing my adventure to the tourists present using his bullhorn.

When we arrived in Trois-Pistoles, Mikael was waiting for us on the dock at two in the morning. I stayed moored there for a week to attend the 9th edition of Échofête, Quebec’s first environmental festival.
In Trois-Pistoles, Karine and Georges from Cushe Canada came to cheer me on and spend some time with me. The enthusiasm shown by my sponsors is quite motivating in the case of an adventure such as mine. I had more than my usual share of indecisiveness the day following their departure when I was confronted by my twelve pairs of Cushe shoes… I’m most definitely the best shod rower in Quebec! Thanks Cushe!
My departure from the Échofête will remain forever in my memories! About thirty people on the dock waiting patiently for my departure at… three in the morning! Since then, a long journey to Rimouski where on the way was waiting… my newly adopted sugar (grand‑)daddy. Mr. Hermel Lavoie. Such a sweet person! I met Hermel last year in Rimouski at a lecture. We clicked right off the bat! He and his crew came to meet me on the River just before arriving in Bic. As a northeast wind was picking up, they were able to provide assistance to get me to the level of Bic, where I tried to use my oars once more as I took advantage of the ebbing tide. Waves, seaweed, and winds led me to request their help to come in to port safely in Rimouski. My family was waiting there for me.

Because of that northeast wind, the Nordet, I was only able to leave Rimouski on Friday to eventually drop anchor and spend the night in Mitis cove. My new grandfather and his son-in-law Christian came out to see me with their lunches, telling me that they preferred to eat at Les-Boules, a cove located about five miles east. I therefore went by the Mitis cove and entered the cove at Les-Boules, thus gliding by the Maurice Lamontagne Institute while being towed by Hermel's zodiac. My phone was ringing just a few seconds later… Robert Dorais was calling with this comment: “Well, well… I told everybody to come out to the jetty to see Mylène row by… That’s a pretty big engine on your boat, no?” Which just goes to show that you can’t hide anything from Fisheries and Oceans Canada! A great story!  

I sailed off the following morning to reach Matane. Six and a half hours of rowing… Battling the wind every minute. As soon as I let go of an oar in the hope of catching a piece of fruit, some nuts, or a crunchy bar, I'd need ten minutes of constant effort to bring back the boat on course and get moving in the right direction at three knots. In my boat, under these hostile conditions, my every move was costly. Making a false move becomes a certainty. Mistakes add up. At times, I could see shear lines – water barriers whose appearance sometimes differs drastically and where one often finds vast seaweed accumulations as well as birds. These lines result from the meeting of currents. Typically one finds an opposite current on the other side. I observed that toeing these lines let me add 0.4 -0.5 knots to my cruising speed – i.e. I was getting a boost in distance of 400 feet every hour! WOW… what a bonus!

A visibility of barely 200 feet prevented me from spying the shore. Around two in the afternoon, I decided to contact Jérome, the commodore of Matane’s marina, who sailed out to rendezvous with me offshore. As the northeast wind kept on strengthening , we agreed that it would be best if he assisted me in getting to the safety of the marina’s jetty.

I’ve achieved my goals: gain some training on Peta and acquire valuable knowledge about the St. Lawrence River… I seem to be getting both in droves just now! 

My progress is quite a bit slower than planned because the weather is rather uncooperative, e.g., the Nordet. I definitely respect that wind and will now on always use a capital “N” when referring to it. The Nordet has claimed many victims over the years and has drowned many sailors. The Nordet is forcing my hand in a number of instances, as it did when it pinned me down for too long in Rimouski, and as it is doing here in Matane. If the Nordet is blowing, with all due respect, I'm out!

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Mon parcours sur le fleuve est beaucoup plus difficile à gérer que mon escapade sur l’Atlantique l’an dernier. Le fleuve est beaucoup plus rigoureux que l’Atlantique et n’a rien n’a rien de rassurant mis à part les marinas qui le jonchent. Du moins sur l’Atlantique je savais que j’allais ramer 12 heures, progresser, me reposer, écrire et manger… Ici, quand je quitte un ponton, rien ne m’assure de l’heure à laquelle je vais arrêter au second, rien ni personne pour me dicter précisément où aller et le cas échéant… le fleuve en décide souvent autrement. 

Depuis Tadousac, j’ai navigué à quatre reprises; De Tadoussac à Trois-Pistoles avec mon ami Alex, de Trois-Pistoles au Bic et ensuite à Rimouski, de Rimouski à l’anse des Boules et des Boules à Matane.
De Tadoussac à Trois-Pistoles, on nous a pris pour des baleines à quelques reprises, les bateaux d’exploration sont venus à notre rencontre avec leurs appareils photos, applaudissements et encouragements. Maman, présente sur les quais de Tadoussac lors de notre départ m’a relaté qu’un guide expliquait mon aventure aux touristes dans son porte voix. 

À notre arrivée à Trois-Pistoles, Mikael nous attendait sur le quai à 2 heures de la nuit où je suis restée amarrée pour une semaine pour assister à la 9e édition de l’Échofête, premier festival environnemental au Québec. J’ai mieux connu le personnage qui se cache en mon ami Mikael Rioux et je suis pas mal fière de lui!

À Trois-Pistoles, Karine et Georges de Cushe Canada sont venus me visiter, m’encourager et passer du temps avec moi, l’enthousiasme de mes partenaires est des plus motivantes dans une aventure comme la mienne. J’ai eu droit à plus d’hésitation que jamais le lendemain de leur départ devant mes 12 paires de chaussures Cushe… je suis définitivement la rameuse la mieux chaussée au pays! Merci Cushe!  

Mon départ de l’Échofête restera gravé dans ma mémoire à jamais! Une trentaine de personnes sur le quai à attendre patiemment mon départ à …3 heures du matin! Depuis; une longue route vers Rimouski où m’attendait sur le chemin… mon grand-papa bonbon nouvellement adopté; Hermel Lavoie. Un amour! Que j’aime mon nouveau grand-papa; un homme gentil, bonace, drôle et généreux. J’ai rencontré Monsieur Hermel l’an dernier à Rimouski lors d’une conférence, comme on se plait à dire; «C’a cliqué entre nous!». Lui et son équipage sont venus à ma rencontre sur le fleuve avant le Bic. Comme le vent nord est s’est mis de la partie, ils ont pu m’offrir assistance jusqu’au Bic ou j’ai pu tenter de reprendre les rames par la suite à marée descendante. Malgré tous mes efforts, les vagues, les algues, les vents me déplaçant vers le sud ouest donc de renouveau vers le Bic, m’ont fait choisir d’obtenir leur assistance pour entrer en sécurité à Rimouski. Ma famille, venus m’y visiter, m’y attendait. Sans Hermel et son équipe, je serais probablement entrée à l’anse à Mouille-Cul (oui oui… c’est vraiment son nom!) en deuxième marée descendante. Le lendemain, avec les vents que nous avons eu cette semaine, je n’aurais pu me sortir de là et ce avant jeudi, jour ou ma famille avait prévu quitter Rimouski. Aucun bateau non plus n’aurait pu venir m’y chercher vu les mauvaises conditions météo. 

À cause du vent nord est, le Nordet, j’ai n’ai pu repartir de Rimouski que le vendredi pour aller mettre l’ancre à l’anse à Mitis et y passer la nuit. Mon nouveau grand-papa est venu me voir avec son neveu Christian et leurs lunchs me disant qu’ils préféraient luncher à Les Boulles, l’anse un peu plus loin, cinq miles à l’est. J’ai donc passé l’anse à Mitis et entré dans l’anse des Boulles en passant devant l’Institut Maurice Lamontagne accrochée à l’épaule du zodiac d’Hermel. Étant dans un épais brouillard depuis le début de la matinée, j’ai été surprise d’apercevoir un long quai et l’Institut. Quelques secondes plus tard mon téléphone sonnait… Robert Dorais m’appelait pour me dire : « Ouain… moi j’ai dit à tout le monde de sortir sur le quai pour voir Mylène passer à la rame…t’as un gros moteur après ton bateau toi! » Comme quoi on ne peut rien cacher à Pêches et Océans Canada!  La belle anecdote!  

Je suis partie de l’anse le lendemain matin pour rejoindre Matane. Six heures trente minutes de rame… Tout ce temps à forcer contre le vent, aussitôt que ma main quittait une rame pour espérer attraper un fruit, une noisette ou une barre tendre, j’en avais pour dix minutes d’efforts constants pour remettre le bateau en position et me permettre de continuer d’avancer à 3 nœuds dans la bonne direction. Prendre une gorgée d’eau s’avérait une décision importante! « Est-ce vraiment nécessaire? » était devenue une question mantra dans mon esprit. Dans mon embarcation, sous ces conditions hostiles, le moindre geste à un prix. Arrêter de ramer d’une main pour ouvrir ma portière et replacer l’écran de mon GPS, zoomer avant pour voir plus grand et refermer la portière peut s’avérer une erreur de première.  Faire de fausses manœuvres devient chose certaine. Les erreurs se succèdent. Par moments, j’apercevais les lignes de cisaillement, barrières d’eau à l’aspect différent qui change parfois drastiquement, où on trouve souvent de larges bancs d’algues et des oiseaux. Ces lignes représentent l’endroit où les courants se rencontrent. Normalement, de l’autre coté se retrouve un courant contraire. J’ai découvert que de rester tout près des lignes pouvait ajouter 0.4 ou 0.5 nœuds à ma vitesse de croisière, c'est-à-dire que j’avancerais de 400 pieds plus vite à l’heure! WOW… quelle cadeau! 

Le brouillard épais qui désorienterait n’importe qui, me trompait trop souvent. La visibilité d’à peine 200 pieds me gardait d’apercevoir le rivage. Vers 14 heures, je décidai de rejoindre Jérome, commodore de la marina de Matane qui a décidé de venir me rencontrer au large. Avec le vent nord est qui commençait à forcer de plus en plus, nous avons convenu de la pertinence de m’assister pour  entrer à quai et en sécurité à la marina. 

Mes objectifs sont remplis : m’entrainer sur Peta et mieux connaitre le Saint-Laurent… Je ne peux mieux être servie à l’heure qu’il est. 

Ma progression se fait beaucoup plus lente que prévue à cause de la météo peu généreuse. Je vous reviens très rapidement pour vous parler du vent de nord est… le Nordet comme les gens l’appellent ici. Moi, le Nordet, je le respecte et lui octroierai dorénavant ses lettres de noblesse en lui accordant le N majuscule. Désormais je l’appellerai aussi « le Nordet » à voie haute et m’adresserai à lui en disant « Vous » avec les plus belles formules de politesses. Le Nordet a fait bien des victimes au cours des années et a engloutit bien des navigateurs. Le Nordet m’appelle à faire des choix, lui qui m’a clouée à Rimouski trop longtemps à Matane maintenant.  Avec tout le respect que je lui dois... si le Nordet est là, moi je n’y suis pas!

dimanche 24 juillet 2011

The Saguenay--St. Lawrence Marine Park / Le Parc Marin Saguenay--Saint-Laurent


The Saguenay--St. Lawrence Marine Park

After a few days of work on the roads of Quebec, between Tadoussac, Quebec City, and Rimouski, I’m returning to my cockleshell. While waiting for better weather conditions before crossing the River towards the south, I take some time to gather information and get to know better the region's realities, so that I may become a better ambassador for the St. Lawrence! On this morning of Friday 22, I got the opportunity to learn more about the Saguenay--St. Lawrence Marine Park thanks to its manager, Dominique Gobeil.

The Saguenay--St. Lawrence Marine Park is one of the first marine protected areas in Canada. Atypically, this National Park is devoid of access booths as one might find at Banff National Park or Mont Tremblant Park. The boundaries of the Saguenay--St. Lawrence Marine Park are themselves invisible to the naked eye, often unknown by the general public as they appear only on brochures, marine charts, and legal documents. Here you won’t find anybody attired in a Crocodile Hunter style shirt to greet and inform you about the regulations, the fauna, the ecosystems... The Marine Park was inaugurated in 1998 and its mission is to raise the level of protection provided to its ecosystems and thus better preserve them, by promoting educational and recreational activities, as well as scientific research[1].

The Marine Park is enormous – it includes the upper estuary, the maritime estuary, and the Saguenay Fjord, from Gros cap à l’Aigle to Les Escoumins on the north shore of the St. Lawrence, including some islands such as Île aux Lièvres, Île Blanche, and Île Rouge. The Park extends also to the farthest reaches of the Saguenay Fjord, that is right up to the headwaters of the Saguenay River. Our national park is a world reserve. It is home to a number of whale species: minke whales, humpback whales, fin whales, blue whales, and belugas. One will find also several seals and porpoises, and more than 79 species of fish have been recorded in its waters. Sperm whales, Atlantic white-sided dolphins, hooded seals, pilot whales, and killer whales have also been observed. Renowned for its ecological diversity, the marine park is visited each year by more than a million tourists. In order to preserve this ecological and historical heritage, regulations have been put in place to protect these species and their habitat.

To complete my impromptu learning experience, Dominique offered me a frozen delight: dressed as a frog, wearing a diver’s mask and snorkel, I got the opportunity to dive right in the St. Lawrence River's belly and thus discover a colourful and surprising underwater paradise. Thanks for the fun dip!

There is also nine marinas within the Park, the Tadoussac Marina, is where my little Peta has generously been in safekeeping for more than a week. According to me, the Tadoussac Marina acts basically as the focal point of all this river energy. I have great memories of the joie de vivre displayed by Maryline and Ingrid at the restaurant and marina. So here I am waiting for good weather, to be able to leave behind the jetty and make for the southern islands of the St. Lawrence. My next navigation will be on Sunday, with my friend Alex and I aboard Peta. Alexandre Neault, he’s crazy… a bit like me, I guess… I’ve told you about Alex, have I not? …To be continued...

[1] Source: Visitors’ Guide 2011, Saguenay--St. Lawrence Marine Park
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Après quelques jours de travail sur les routes du Québec entre Tadoussac, Québec et Rimouski, je reviens vers ma coquille de noix. En attendant les meilleures conditions météos avant de traverser vers le sud, j’en profite pour faire un plein d’information et en connaitre davantage sur les réalités de la région ce qui me permettra de devenir une meilleure ambassadrice du Saint-Laurent! Ce vendredi 22, je me réveille avec une foule de questions en tête, après mes nombreuses entrevues de cette semaine, ce matin, c’est à mon tour de jouer les journalistes. Assise devant Dominique Gobeil, gestionnaire du Parc Marin Saguenay—Saint-Laurent, j’ai l’occasion d’apprendre.

Le Parc Marin Saguenay—Saint-Laurent est l’une des premières aires marines protégées au Canada. Atypique, ce Parc National n’arbore pas de guérites tel qu’on pourrait en trouver au Parc National de Banff ou au Parc du Mont Tremblant où on nous voit remettre une importante paperasse expliquant noir sur blanc pourquoi ne pas nourrir nos amis ratons ou comment ne pas attirer un ours en rut avec l’odeur de notre tube de pâte à dents. Les limites du Parc Marin Saguenay—Saint-Laurent sont quant à elles, invisibles à l’œil nu, souvent inconnues du public bien que délimitées que sur les dépliants, cartes marines et documents légaux. Ici, personne en chemise d’explorateur à la Crocodile Hunter pour nous accueillir et nous informer sur les règlements, la faune, les écosystèmes… Le défi du parc marin se pose; atteindre ses usagers par les intervenants du milieu et les ressources en place. Inauguré en 1998, le parc marin a pour mission de rehausser le niveau de protection de ses écosystèmes aux fins de conservation en favorisant les activités éducatives, récréatives et la recherche scientifique[1]. Le parc communique avec tous les acteurs du milieu pour contribuer à la sauvegarde et au maintien de l’équilibre de ses écosystèmes, plaque tournante de l’économie de la région.  
Le parc marin est énorme et exclusivement constitué d’eau. Il comprend les secteurs de l’estuaire moyen, de l’estuaire maritime et du fjord du Saguenay, de Gros Cap à l’Aigle aux Escoumins sur la rive nord du Fleuve incluant certaines Îles tel que l’Île au lièvre, l’Île Blanche et l’Île Rouge. Le parc s’étend aussi jusqu’aux confins du Fjord du Saguenay c'est-à-dire jusqu’au tout début de la Rivière Saguenay. Notre parc national est une réserve mondiale, il abrite plus d’une espèce de baleine; petit rorqual, baleine à bosse, rorqual commun, baleine bleue et béluga. S’y cachent aussi plusieurs phoques, marsouins et plus de 79 espèces de poissons y ont été répertoriés. Des cachalots, dauphins à flancs blancs, phoques à capuchon, globicéphales et épaulards y ont été observés. Reconnu pour sa diversité écologique, le parc marin est visité chaque année par plus d’un million de touristes tentant d’apercevoir, de leurs jumelles et sous leurs imperméables humides, un rorqual surgissant des eaux du Saint-Laurent. Afin de préserver ce patrimoine écologique et historique, un  règlement a été élaboré afin de protéger ces espèces et leur habitat. Le gros bon sens, c’est le principe de précaution; sans savoir et connaître l’impact de nos gestes sur les mammifères marin, on s’abstient. 

Le parc marin, c’est aussi des centres d’interprétation et d’observation, des sentiers, des excusions en kayak et le Centre de découverte du milieu marin, site de plongée reconnu. Pour parfaire ma journée d’apprentissage improvisée, Dominique m’offre une découverte glacée; habillée en grenouille, munie d’un masque et tuba, j’ai la chance de plonger dans le ventre du Saint-Laurent et d’y découvrir un paradis sous-marin coloré et surprenant. Merci pour la saucette!

Dans tout ce parc là, il y a aussi neuf marinas. Celle de Tadoussac héberge ma petite Peta où elle attend son départ depuis plus d'une semaine. Selon moi Tadoussac s’apparente un peu comme la plaque tournante de toute cette énergie fluviale. Je conserve de merveilleux souvenirs de la joie de vivre de Maryline et Ingrid du restaurant et de la marina. D’ici, j’attends la météo favorable afin de quitter le ponton et rejoindre les Îles au sud du Fleuve. Ma prochaine navigation aura lieu dimanche avec à bord de Peta, mon ami Alex et moi. Alexandre Neault, c’est un fou… un peu comme moi… je vous ai déjà parlé d’Alex? … à suivre...

[1] Source : Guide de visite 2011, Parc marin du Saguenay Saint-Laurent

mardi 19 juillet 2011

Maritime Estuary / Estuaire maritime


Maritime Estuary

Yesterday before saying goodbye, Pierre Lemire from Sebka, told me that “right after passing Île Brûlée, keep an eye out as you'll see many belugas - they gather where the waters are deep, as here."

Four in the morning, time to get going. I’ve learned to finish before going to bed all preparations required to take off in the morning. I wake up and am not even close to showing the warrior’s relentless determination, I'm discouraged before my eyes are even open – only my inner dialogue chases away the evil spirits. Between two destinations, sleep has quickly become incidental, but my boat is ready – this is mandatory. On that morning, everything was calm – a mirror-like sea was greeting us. As I was rowing, I kept gazing aft, eventually to see Kamouraska appear on the horizon, illuminated by the sun. Christian, who was still following me in his kayak, warned me to ready my cameras. As soon as we rounded the south-east corner of Île Brûlée, barely 15 feet beyond actually, a white beluga breached the surface and just beside it a café au lait youngster came up also. They slowly came nearer.

What a great welcome to the maritime world. About 14 belugas all told, observed for 45 minutes.

At the level of Kamouraska, the St. Lawrence widens – I had been in the upper estuary since Île d’Orléans. Rivière-du-Loup marks the start of the maritime estuary. Seawater and freshwater intermingle in the depths of the River. This would appear to explain why choppy waters are more frequent in the Banc des Anglais and Traverse Saint-Roch; the latter seems to be the last deep area of the River on the south side before going in a westward direction. This choppiness makes for harder navigation – it is easy to lose control of a boat, especially one as slow and hard to manoeuvre as a one-ton seagoing rowboat, for instance. Ironically, on marine charts, the small waves that represent this condition seem rather innocuous.

Between Île d’Orléans and Kamouraska, the waters mix in the deep. Right at the beginning of the Laurentian Channel, the water takes on a greenish cast, which is evidence of phytoplankton. The Laurentian Channel is a submarine valley that can reach a depth of more than 350 metres. The middle trough allows ingress of the ocean right up to here and lets the area’s water acquire characteristics that are much more typical of seawater, with the abundant food sources that these movements bring: phytoplankton, shrimp, squid, krill, herring, and sand eel…

At Tadoussac’s level, the waters are often difficult to navigate since freshwater from the Saguenay River that enters the fjord, freshwater from the St. Lawrence River, and saltwater from the sea that comes up to here, all come together in this area.

After six hours of rowing in calm waters, Rivière-du-Loup’s marina beckoned. Being somewhat late because of my pleasant encounter with those nice northern whales, I had to deal with the riptide during the last hour. Using all the strength I had, I was progressing at a speed of 1.2 knots over ground - low tide precluded getting the services of an escort or a tow to reach the jetty. Resourceful as ever, Christian came up with some innovative ideas once again: “I could tow you!”

Why not… “So here we have Mylène Paquette heading for Rivière-du-Loup in her 7-metre seagoing rowboat being towed ashore by none other than her hero, Christian Morneault, the guy who came aboard her boat to take her place rowing between Saint-Jean-Port-Joli and Kamouraska... Mylène is clearly out of energy, as we see them picking up speed thanks to the stout-hearted Christian who is pulling her heavy craft using a piece of rope and his kayak... What a guy! Their speed has now reached 2.5 knots!”

In less than an hour, we have reached the marina’s breakwaters. Without Christian's help, I would have once again had to drop anchor, wait, get in late, and need the help of a motorboat to come in.

Christian, are you available till Gaspé? ;)

Estuaire Maritime

La veille, avant de me dire au revoir, Pierre Lemire de la Sebka me mentionnait; « tout de suite après l’Île Brûlée, ouvre l’œil, tu verras beaucoup de bélugas, ils se tiennent là où c’est creux comme ici » en me désignant un des endroits les plus profonds sur mon plan de route. 

Quatre heures am sonnaient le départ. J’ai appris à être prête à partir avant même d’aller au lit la veille. Mes levers ressemblent à ceux sur l’Atlantique en 2010, je me réveille bien loin d’avoir l’implacable détermination du guerrier, découragée avant même d’ouvrir les yeux, seul mon langage intérieur chasse les mauvais esprits. Je me tire toujours difficilement du lit. Entre deux destinations, dormir est rapidement devenu accessoire mais mon bateau paré; obligatoire. 

Ce matin là, tout était calme, une mer d’huile nous accueillait. En ramant, le regard toujours tourné vers l’arrière du bateau, j’ai vu Kamouraska se lever, idem pour le soleil. Christian qui m’accompagnait toujours sur son kayak me dit de tenir prête ma caméra… ou plutôt, mes caméras. Aussitôt tourné le coin sud est de l’Île Brûlée, j’entendais Christian me dire « Juste derrière toi, Mylène! » à peine 15 pieds plus loin, un dodu blanc sortait de l’eau et tout près de lui un tout petit couleur café au lait. Ils m’approchaient, lentement. 

Quel bel accueil dans le monde maritime. Au total environ 14 bélugas, j’ai cumulé 45 minutes d’observation ou plutôt 45 minutes de retard sur ma navigation… 

À partir de Kamouraska, le Fleuve s’élargit, j’étais dans l’estuaire moyen depuis l’Île d’Orléans, Rivière-du-Loup marque le début de l’estuaire maritime. L’eau de mer et l’eau douce se rencontrent dans les profondeurs du Fleuve, les eaux se mélangent  en surface à partir de Tadoussac et plus en profondeur jusqu’à l’Île d’Orléans. Ça semble expliquer le pourquoi des clapotis plus présents sur le banc des Anglais et sur la traverse Saint-Roch qui semble être le dernier endroit profond du Fleuve, sur le côté sud, avant de faire chemin vers l’ouest. Le clapotis ou le clapot est une surface d’eau plus difficile à naviguer, on perd facilement la maîtrise ou la direction d’une embarcation, surtout aussi lente et si peu manœuvrable, qu'une  une embarcation à rame océanique d’une tonne, par exemple! L’eau se choque et les vagues s’entrecroisent sans suivre un modèle ou un "pattern" particulier, sans répétitions, espacements ou déplacements réguliers. L’eau monte et descends, se déplace plus ou moins rapidement et frappe violement. On entend même le son d’une rivière quand on approche une zone de clapotis. Ironiquement, sur une carte maritime, les petites vagues les représentants semblent plutôt inoffensives. 

De l’Île d’Orléans à Kamouraska, l’eau se mélange en profondeur. Dès le début du chenal Laurentien, l’eau verdit, preuve de présence de phytoplancton. Le chenal Laurentien est une vallée sous-marine pouvant atteindre une profondeur de plus de 350 mètres. Le creux du milieu permet à l’océan de se jeter jusqu’ici et permet à l’eau d’ici d’acquérir des caractéristiques vraiment plus marines avec l’abondance de nutriments que ces déplacements apportent; phytoplanctons, crevettes, calmars, krill, harengs et lançons... Comme le dit Sonia Giroux du ROMM (Réseau d'observation de mammifères marins), « La mer vient se jeter littéralement à nos pieds, en face de chez nous, à Rivière-du-Loup. » 

En face de Tadoussac, les eaux sont souvent difficiles à la navigation, là où se rencontrent les eaux douces qui descendent le Saguenay et qui entrent dans le fjord, l’eau douce qui coule du Fleuve et l’eau salée de la mer qui monte jusqu’ici. 

Après six heures de rame en eau calme, la marina de Rivière-du-Loup m’attendait. Le traversier Trans St-Laurent me croisait quelques fois et sur sa route, il indiquait à la marina ma vitesse, mon allure et la distance qu’il me restait avant d’arriver sur les pontons. Accusant du retard à cause de mes belles baleines nordiques, j’ai du composer avec le contre courant dans la dernière heure. De toutes mes forces, j’avançais à 1,2 nœud au-dessus du sol, la basse mer retenait les services d’une escorte ou d’une remorque aux pontons. Encore 45 minutes avant d’avoir droit à une visite d’embarcation moderne à moteur. Toujours pleins de ressources, Christian me suggère encore des idées novatrices: « Je peux te remorquer moi! » 

Ben oui... « Alors ici nous avons Mylène Paquette en direction de Rivière-du-Loup, sur son embarcation à rame océanique de 7 mètres, remorquée par nul autre que son héros Christian Morneault, celui qui est entré dans son bateau pour ramer à sa place entre St-Jean-Port-Joli et Kamouraska… décidément Mylène manque d’énergie, nous les voyons ici, prendre de la vitesse grâce à ce Christian bien vaillant qui tire sa lourde embarcation à l’aide d’une corde et d’un kayak, quel homme! Leur vitesse atteint maintenant 2,5 nœuds! »

En moins d’une heure, on a atteint les brises lames de la marina, sans Christian, encore une fois, j’aurais du mettre l’ancre, attendre, arriver en retard et avoir besoin d’un bateau moteur pour entrer.

Christian, t’es disponible jusqu’à Gaspé? ;)

jeudi 14 juillet 2011

la belle traverse St-Roch


The Beautiful Traverse Saint-Roch

After examining the marine charts with my hosts (who live on Bocage Street in Saint-Jean-Port-Joli), I was really looking forward to the sailing down the Traverse Saint-Roch, planned for the following night. By mutual agreement, Christian and I decided to launch out at 2 o'clock in the morning so that we might benefit from the highest tide and thus proceed to the Traverse in order to take advantage of a current that could reach close to eight knots, as noted by the wise. So my last evening in my best-loved village ended with a quick supper at my Bocage Street abode, to allow us to catch a few winks before our nocturnal navigation. The alarm clock woke me up at midnight and I joined Peta and Christian on the jetty. With Christian on his kayak and me on Peta, we went forth in the pitch black night.

 As soon as I left behind the marina’s breakwater, I could hear the waves, irregular, large and well-defined, either skimming the hull or breaking at my level – at the same time, I could glimpse their crests, a good indication of the wind's intensity. As we left the marina, our goal was to get to the channel as fast as possible and thus benefit from a quick descent towards the Traverse… After an hour of efforts to get into the channel, at a speed of only two knots, I was already exhausted. After three hours, we finally reached what seemed to be the Traverse and could get an idea of its speed, more or less in vain, as our speed never exceeded 5.5 knots – nothing to write home about.
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As the sun came up, a thick fog covered the sea and obliterated our whole environment. Realizing that the current's speed was less than hoped for, we unfortunately noticed that we were being shifted towards the northern channel, on the shoals called “haut fond des Anglais”. From our new position, we could discern a new objective: get out of the shoals and set a south-east course to return to the Traverse Saint-Roch. Little by little, we abandoned our game plan to focus on the essential, i.e. get out of there as fast as possible. Staying safe was becoming the priority as far as I was concerned, while remaining manoeuvrable was truly a challenge. Suddenly, the weather sharply changed – we encountered all the ingredients that lead to a complete loss of sense of direction: choppiness and fog. All I could see was my GPS's screen and my compass, both of which couldn't seem to agree on the headings they provided, as well as my speed indicator which was telling me that I was moving at 1.3 knots over the bottom and more than more 2.5 knots through the water. “Hum… that's because... that means... I think we're going backwards, Christian. This has been going on for two minutes now.” As it was, I was having a hard time thinking straight – this was the first time in my life that fog was swamping me. I was sometimes losing sight of Christian. When I heard foghorns, which signalled other boats, I was trying in vain to figure out where the sound came from… I was reassured by the fact that freighters were indeed using the northern channel… “Indeed, we’re very near the northern channel, we’re almost in it!”

I was disoriented because I was exhausted, and was exhausted because I hadn't eaten anything in close to five hours. I had badly mismanaged my energy levels because I was constantly playing at being the carrot dangling on the end of the stick; Traverse Saint-Roch was always quite close... just a few more minutes... and once in it, I could start eating.
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After finally moving out of the choppy waters, Christian told me that he felt disoriented and he was right. When he told me that as long as I didn’t feel confused, everything would be all right… It was more than obvious that I had been indeed confused for the last 45 minutes… I even caught myself wondering about the sun: “Will the sun come up in that direction?”

Later in the morning, we would concoct our plan B: go south towards Pointe-aux-Orignaux, find the best spot to drop anchor, enjoy some R&R, and wait for favourable currents to be able to move forward again. As I was exhausted, Christian suggested a good solution: I wasn't rowing very fast anymore, much less efficiently – he offered to come aboard, tow his kayak, row Peta, and thus progress more quickly. When I dove into my bed, I had the feeling that Christmas had come early in Christian's mind; he was all smiles as he set out to row for two consecutive hours. I was totally washed out – after 45 minutes on the phone, I finally slept. Around 2 o’clock in the afternoon, the rising current had already carried us four nautical miles upstream. We then dropped anchor to wait for the next tide, as it would allow us to dock at Kamouraska.

When slack tide came around, we decided to start rowing again. Just as the anchor had been raised, the sky turned grey and left us in a not very reassuring universe. All through the morning, weather warnings were being broadcasted on the VHF radio, from Anticosti Island to Montréal. A few minutes after the sky darkened, rain started falling, the wind freshened, and the sea was sweeping over Peta’s hull. Waves were becoming larger and larger. We once more dropped anchor and we repaired to the shelter of the cabin. We were able to get back to rowing around 3 pm and propel our craft in the direction of Île aux Corneilles.

Two hours were necessary to get near Kamouraska – only two nautical miles to go. We had to drop anchor once more to let the sea move in again and provide us with enough water to let us reach the service jetty, in Kamouraska’s harbour.

At nine in the evening, I was able to raise the anchor, as Christian in his kayak was providing depth soundings in front of me, so that I might avoid the rocks and get to my destination. Two hours later, at 11:15 pm, I finally could grasp Sylvain’s hand – he was waiting for me on the shore, after driving from Lévis to come and meet me. Having spoken to him on the phone during a good part of the day, I was happy to finally see him in the flesh! ;)

My mistake was that I started too early from St-Jean-Port-Joli – after poring over the Atlas of Tidal Currents, I figured that if I had headed out just one hour later, I would have benefited from a stronger current, moved smartly towards Traverse St-Roch, and arrived six hours later in Kamouraska, all during the same tide.

Since I know by heart the Atlas, I hope that I chose wisely in deciding to start off around five in the morning to reach Rivière-du-Loup… To be continued.  

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Après avoir observé les cartes marines avec ma petite famille d’accueil de la rue du Bocage à St-Jean Port Joli, j’anticipais avec excitation de descendre la traverse Saint-Roch prévue durant la nuit suivante. D’un commun accord, Christian et moi, avons convenu partir à 2h du matin pour nous permettre de profiter de la plus haute des marées et progresser vers la traverse pour profiter d’une vitesse, tel qu’en témoignent les érudits, pouvant avoisiner les 8 nœuds. Alors ma dernière soirée dans mon village coup de coeur s’est clos par un bref souper sur la rue du Bocage afin de me permettre de trouver un peu de sommeil avant notre navigation de nuit. À minuit le cadran me tirait du confort pour aller rejoindre ma Peta et Christian sur les pontons. Christian sur son kayak, moi sur Peta, nous sommes avancés dans le noir absolu de la nuit.

Aussitôt sortie du brise lame de la marina, j’entendais les vagues friser sur la coque ou encore se fracasser sur elles mêmes à ma hauteur, au même moment, je pouvais apercevoir leurs crêtes apparaître et témoigner de la puissance du vent, irrégulières, grosses et formées. En quittant la marina, notre objectif était de rejoindre le chenal au plus vite et profiter d’une descente rapide vers la traverse… Après une heure à travailler pour rejoindre le chenal à une vitesse de seulement deux nœuds, j’étais déjà épuisée. Après trois heures, nous sommes enfin arrivés sur ce qui semblait être la traverse et nous avons pu avoir un bref aperçu de sa vitesse, mais en vain, rien de vertigineux, notre vitesse a atteignait maximum 5.5 nœuds. 
Depuis le soleil levé, un épais brouillard couvrait la mer et tout notre environnement. Réalisant que la vitesse du courant était moindre que prévu, nous avons malheureusement réalisé qu’on était déporté vers le chenal du nord, sur le haut fond des anglais. Depuis notre nouvelle position, un nouvel objectif se dessinait; sortir du banc des anglais, faire cap au sud-est pour retourner sur la traverse. Peu à peu, nous avons abandonné notre plan de match pour nous concentrer sur l’essentiel et sortir d’ici au plus vite. Rester en sécurité devenait une priorité, pour ma part, rester manœuvrable relevait du défi. Tout à coup, l’atmosphère a changé brutalement, nous avons rencontré les ingrédients de la recette parfaite pour perdre l’orientation : clapotis et brouillard. Tout ce que j’apercevais était l’écran de mon gps et mon compas qui ne s’entendaient pas pour me donner les mêmes directions et mon indicateur de vitesse qui me tourmentait présentait un déplacement au dessus du sol 1,3 nœuds et une vitesse de déplacement sur l’eau : plus de 2,5. « Heuu.. c’est que, c’est parce que … je pense qu’on recule Christian.  Ca fait comme deux minutes que c’est comme ca. » Dans la situation ou j’étais, j’avais peine à réfléchir, c’était la première fois de ma vie que le brouillard m’envahissait, je perdais parfois de vue Christian Quand j’entendais des cornes de brume, indiquant d’autres embarcations, je cherchais en vain, d’où les sons provenaient…. Je me rassurais en me disant que les cargos empruntaient justement le chenal nord… « Justement, on est très proche du chenal nord, on est presque dessus! ».
Désorientée parce qu’épuisée et épuisée parce que je n’avais rien avalé depuis presque 5 heures. J’avais mal géré mon niveau d’énergie parce que j’étais toujours en situation de carotte au bout du bâton; la traverse Saint-Roch était toujours tout près, dans quelques minutes… et une fois sur la traverse, je pourrais manger.
Après être enfin sorti du clapotis, Christian m’a dit qu’il me sentait désorientée et il avait raison. Quand il m’a dit que tant que je n’étais pas confuse, tout irait bien… il va sans dire que je l’avais été  depuis les dernières 45 minutes… je me suis même surprise en train de me poser des questions par rapport au soleil : « Est-ce que le soleil se lève par là? »
Plus tard en avant-midi, on élaborait notre plan B : se diriger vers le sud vers la Pointe aux Orignaux, trouver le milieu idéal pour jeter l’ancre, se reposer et attendre les courants favorables pour continuer notre progression. Comme j’étais épuisée, Christian m’a suggéré une bonne idée; je ne ramais plus très vite, beaucoup moins efficace, il me propose de monter à bord, remorquer son kayak, ramer Peta et faire une belle progression rapide. Quand j’ai plongé mon corps sur la couchette, j’avais l’impression que c’était noël dans la tête de Christian, tout sourire, il s’est installé pour 2 heures consécutives. Je tombais de fatigue, après 45 minutes d’appels téléphoniques, j’ai dormi. Vers 14h le courant montant nous avait déjà déportés sur 4 miles nautiques en amont. Nous avons alors jeté l’ancre pour attendre la prochaine marée qui nous permettrait de rentrer à Kamouraska. 

Aussitôt la marée à l’étale, on choisi de reprendre les rames, aussitôt l’ancre levée, le ciel s’est rempli de gris et nous laissait dans un univers peu rassurant. Depuis le matin que les avertissements météo résonnaient dans la radio VHF, de l’Île d’Anticosti à Montréal.  Quelques minutes après que le ciel se soit couvert, la pluie tombait, le vent forcissait et la mer embrassait la coque de Peta, les vagues se formaient toujours de plus en plus grosses. L’ancre est alors retournée joindre le sol et nous la cabine pour rester à l’abri. Nous avons pu reprendre les avirons vers 15 et progresser vers l’Île aux Corneilles. 

Deux heures ont été nécessaires pour nous rendre près de Kamouraska, plus que deux miles nautiques à faire, nous devions encore jeter l’ancre pour permettre à l’eau de reprendre son espace et nous laisser passer jusqu’au quai de service, dans le havre de Kamouraska. 

À 21h, j’ai pu remonter l’ancre, Christian à son kayak me donnait la profondeur de l’eau devant moi pour éviter les rochers et me diriger vers mon objectif. Deux heures plus tard, soit à 23h15, je touchais enfin la main de Sylvain qui m’attendait sur la rive, venu de Lévis pour venir me voir, l’ayant eu au téléphone pour une bonne partie de la journée, j’étais heureuse le voir enfin en face de moi! ;)

Mon erreur aura été de trop partir tôt de St-Jean Port Joli, en regardant l’Atlas des courants, j’ai compris que si j’étais partie ne serais-ce qu’une heure plus tard, j’aurais pu profiter d’un courant plus fort, avancer surement vers la traverse et arriver 6 heures plus tard, dans la même marée, à Kamouraska. 

Comme l'Atlas des courant n'a plus de secrets pour moi, j'espère avoir fait le bon choix pour partir vers 5h pour Rivière du Loup... à suivre. 

vendredi 8 juillet 2011

Saint-Jean Port Joli

Ici le Fleuve est chocolat. Dès mon départ de Montmagny, j’avais remarqué l’eau brunâtre. Les sédiments, la batture et l’eau peu profonde de la cote sud de l’estuaire représentent les conditions propices à la couleur brune. Les vents des derniers jours ont labouré le Fleuve et ont fait remonter ses sédiments à la surface. À basse mer; on aperçoit le lit du Fleuve sur quelques miles, à marée haute, un autre monde s’offre à nous; une mer pleine, ronde et accueillante, plus accessible. 
Remettre un gouvernail en place dans cette eau saturée de sédiments n’est pas chose facile. On ne voit rien sous la surface de l’eau et encore moins quelques pouces plus bas. Comme j’ai terminé ma navigation à marée basse, faire mon entrée dans la marina représentait tout un défi. L’accès devenu plus étroit par l’absence d’eau était limité. Les deux brises lames qui s’imposaient derrière moi m’intimidaient, à voir les vagues se jeter sur eux, j’osais imaginer le résultat de ma téméraire tentative: un massacre sur la coque de ma Peta. En tentant d’entrer dans le chat de l’épingle, je me suis très rapidement retrouvée à contre vent et contre courant plutôt déportée à l’est de l’entrée. J’ai opté de tirer sur mon gouvernail à bâbord en me débarrassant de cet embarra, ce qui me permettait de trouver du calme tout juste après le brise lame, passé la marina. Des gens qui m’attendaient sur le haut quai, deux hommes sont venus braver les cailloux abrupts sur le brise lame pour me communiquer de rester là, près de la batture à l’est de la marina, on viendrait me chercher sous peu, en bateau. 

Durant mon attente, je pensais à ma journée qui depuis mon départ de Montréal, me permettait de croire que c’était sans doute la plus belle jusqu'ici. Le matin du 7 juillet, le paysage me coupait le souffle, en s’élargissant tranquillement, l’estuaire offrait au nord une vue surprenante sur les montagnes du Mont Sainte-Anne au Massif, une chaîne bleutée fendait le ciel tout juste derrière l’Île aux Grues et l’Île aux Oies. Sur le coté sud, les petites maisons se suivaient, typiques, pittoresques, classiques et toutes belles. Encore une fois, sur les cotes, des riverains inquiets ont contacté la garde côtière pour les aviser qu’une embarcation avait l'air d'être en danger. Ces anecdotes me rappellent combien les gens d’ici se tiennent avec fraternité et solidarité. 
Des vagues se formaient derrière moi, gonflaient sous le vent et me poussaient vers l’avant. C’était presque du surf. C’était magique. Toute la journée; un vrai spectacle! J’ai eu droit à des pointes de 5.5 nœuds, des rafales de vent à 15.

J’ai même donnée une entrevue à CBC durant laquelle je progressais à 2,5 nœuds. J’ai discuté au téléphone sur presque tout le parcours, Virginie aux communications, ma sœur, Marie à la logistique, Sylvain aux bonnes nouvelles et mon bonbon : mon commanditaire Cushe, Karine que j’adore, toujours le sourire aux lèvres, on discute, on blague et on partage. C’est toujours un honneur pour moi d’avoir un commanditaire excellent comme Cushe.

Arrivée à destination, un accueil surprenant m’attendait, des gens par dizaines me félicitaient, applaudissaient et m’expliquaient à quel point ils ont fait du chemin pour me voir arriver. Nombreux sont ceux qui attendaient de voir le bateau, lui toucher et enfin assouvir leurs interrogations face à toute l’aventure. Après de nombreuses minutes sur les quais, à rencontrer les gens et les journalistes, j’ai pu monter au bar de la capitainerie, signer le livre d’or de la ville qui existe depuis 1957! J’ai rencontré Monsieur le Maire, souriant et heureux, sa responsable des communications, Anny, une vrai perle.Les gens d’ici sont INCROYABLES, pour moi, c’est du jamais vu!

Pendant que le band se donnait un spectacle au bar de la capitainerie, sur le balcon, la saveur du jour était à propos de l’étrange bateau plus bas amarré. Mon expédition était un sujet de conversation propice pour partager. Le Fleuve, ici, c’est la mer. La mer que l’on respecte et que l’on aime, un énorme respect est aussi attribué aux braves gens qui savent l’affronter. Toute la soirée, j’ai eu droit des histoires d’eau, de Fleuve, des histoires de marins, des histoires de pêche… On m’a parlé de la traverse Saint-Roch, de vitesse, d’anecdotes, de mats brisés, de pontons, de marées, On m’a parlé de grain, de gros grains, d'intempéries, de mauvaises conditions climatiques, de naufragés, d'embarcations en difficultés. On m’a parlé jusqu'à très tard d'histoire à pleuvoir à boire debout.

jeudi 7 juillet 2011

Un tiers de la route est fait pour Mylène Paquette!

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

POUR DIFFUSION IMMÉDIATE


LE SAINT-LAURENT À LA RAME, DE LA VILLE À L’OCÉAN
UN TIERS DE LA ROUTE EST FAIT POUR MYLÈNE PAQUETTE!

Saint-Jean-Port-Joli, le 7 juillet 2011 – Partie de Montréal le 25 juin dernier, il aura fallu 13 jours à la rameuse d’océan et ambassadrice du Saint-Laurent pour la Fondation David Suzuki, Mylène Paquette, pour rejoindre la marina de Saint-Jean-Port-Joli. La navigatrice qui a quitté la marina de Québec le 5 juillet pour l’Île d’Orléan le même jour, puis Montmagny le lendemain, est arrivée vers 16 heures à la marina de Saint-Jean-Port-Joli, aujourd’hui, où un comité d’accueil l’attendait pour lui faire signer le livre d’or de la ville.

Mylène Paquette passera la fin de semaine, sur la terre ferme, entre Saint-Jean-Port-Joli et Rimouski où elle est attendue au festival Cap à l’Est qui se déroule à la station nautique de Rimouski-Mitis. Elle reprendra les rames lundi, le 11 juillet, en direction de Kamouraska. « La prochaine grande étape, c’est Rivière-du-Loup. De là je vais en profiter pour traverser le Fleuve et rejoindre la rive nord vers Tadoussac. Je compte aussi faire un tour du côté des Escoumins… Puis je redescends vers Rivière-du-Loup que je compte quitter le 28 juillet » annonce-t-elle.


« Maintenant, quand je rame et que je jette un coup d’œil derrière moi, ça commence à ressembler à l’océan! » déclare la navigatrice qui voit le fleuve s’élargir chaque jour un peu plus. Elle peut ainsi mesurer son embarcation aux éléments et faire les ajustements nécessaires pour la rendre optimale en prévision de la traversée de l’Atlantique Nord à l’été 2012. C’est également l’occasion pour elle de s’entraîner physiquement et de rencontrer les gens dans les marinas où elle fait escale pour parler du projet Odycéan et en apprendre davantage sur le Fleuve.


Vous pouvez suivre quotidiennement Mylène Paquette sur Facebook et Twitter. Elle met à jour régulièrement son blogue et son site Internet. Rendez-vous sur www.mylenepaquette.com pour suivre en temps réel sa progression sur le Fleuve et pour connaître les étapes de son trajet!


Mylène Paquette est disponible pour des entrevues tout au long de son périple, par téléphone en direct du bateau, ou individuellement dans les marinas et lors des événements auxquels elle participe cet été.


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SOURCE : Virginie Michel, Cardinal Communication
Bureau : 514 868-0172 / cell : 514 922 2315
virginie@cardinalcommunication.com
http://www.mylenepaquette.com/