Donc pour revenir sur cette semaine à l’encre, nous avons pu jouir d’une certaine liberté. J’ai pu, sans limite de temps, démêler ces cheveux depuis si longtemps mal traités! Quel défi! Pedro à sa montre m’affirme que cette opération m’aura coutée 2h45. Ajoutez à cela l’opération shampoing et nettoyage, j’ai du passé plus de 5 heures sur mon hygiène corporelle au cours du jour 17. Et tout cela pour comprendre que 30 minutes plus tard, j’avais l’impression d’être redevenue aussi sale qu’auparavant en vivant dans ces conditions.
J’ai adoré me retrouver sur le pont, j’y ai passé une journée entière à regarder chaque vague grossir sous mes yeux, se fracasser et s’évanouir dans le grand bleu. J’ai adoré chanter sur la Stern cabine, ipod à la main, écouteurs, tablettes chocolat. Durant des heures, j’ai regardé le temps passer. Je me suis amusée à évaluer la hauteur des vagues et m’imaginer des aventures hors du commun. Je me suis surprise de ne pas avoir rencontré la peur et ce même avec des éclairs dans le ciel. La confiance y était.
Cette semaine à l’encre m’a beaucoup apportée. Au bout du compte ce sera le moment au cours duquel je me serai sentie le plus isolée de ma vie, j’ai découvert tant de choses ici. Imaginez vous, sans connexion internet, sans téléphone satellite et plus d’ordinateur portable. Si cela vous arrivait chez vous et ce même avec le véhicule à quelques pieds de votre porte, la télévision et l’électricité, vous sentiriez l’isolement s’emparer de vous.
Il m’a alors fallut faire face à mon défi avec patience et réflexion. J’ai du mettre sur table mes sentiments pour trier le tout et tirer parti de la situation. Ce sera pour moi le moment le plus profitable de ma traversée jusqu’ici. J’ai longtemps réfléchi aux enfants de l’hôpital, à mes petits patients et à comment nos états se ressemblent. Comme eux, je me suis retrouvée, isolée, dans un monde où la survie est une bataille quotidienne, ou chacun de mes choix sont calculés dans le but de rendre mon quotidien plus vivable, moins amer… Je n’ai trouvé aucune position confortable pour reposer mon esprit, je n’ai dormis que lorsque l’espace et le temps me l’auront permis, j’ai été réveillé à maintes reprises par petites secousses, tel mes patients dans leurs petits lits qui font face à tant de piqures. La nausée était parfois de la partie, comme les enfants en traitements.
Mon monstre était le système de basse pression auquel on fessait face et duquel on était à la merci, la mer était son hôte et mon bateau ma prison. Mes petits héros font face à leurs montres de leurs lits à barreaux, l’hôpital en est l’arène et la bataille se fait dans sa plus pure expression. Comme eux, j’ai eu à choisir la bonne humeur, le sourire et la confrontation. J’ai choisi de soigner mes blessures et de me faire neuve jusqu’au prochain combat. J’avais parfois bien mal, j’avalais ma pilule. Comme eux, je mange et je maigris. Je subi ma peine dans l’incertitude absolue, dans parfois l’incompréhension, les hommes autour de moi parlent et je pose des questions comme les enfants en désir de comprendre ce qui leur arrive. Je perçois l’inquiétude et l’impatience dans les visages de mes coéquipiers sans toujours comprendre pourquoi il en est ainsi. La différence c’est que je connais la date probable de la fin du combat qui sera arrosé de joie et de moments merveilleux. Je sais que je vais me rendre de l’autre côté, mes petits anges sont souvent ignorants de l’issue de leur combat et resteront bien longtemps dans l’ignorance.
Si le cœur vous en dit, allez appuyer sur mon bouton Donnez à la droite sur mon site. La fondation CHU Sainte-Justine veillera à promouvoir la santé des enfants soignés chaque année dans l’établissement.
Merci
C’est une histoire à suivre…
vendredi 5 février 2010
Début d’un long résumé..
Au moment où Matt a dit que c’était assez, j’étais tellement réjouie et soulagée. Je venais tout juste de percuter ma rame gauche sur ma cuisse pour la énième fois en quelques instants, ma patience s’effritait, je souffrais depuis plus de 45 minutes aux avirons, mon dos brulait, mes mains désespéraient à tenir fermement les rames, la mer nous offrait des vagues croisées et le sentiment profond de n’aller nulle part. L’océan ne voulait nous laisser passer mais loin de moi l’idée de laisser tomber les avirons. Il me restait plus d’une heure avec eux et j’allais aller jusqu’au bout.
On installe l’encre flottante, l’océan est trop gros, mauvaise direction des vagues, de la houle et du vent. Il n’y avait rien à faire, même en travaillant d’arrache pied on perdait effectivement 1 mille a l’heure dans la direction opposée!
Mon bonheur fut de courte durée, 2 heures plus tard, je m’ennuyais déjà. Quelques heures plus tard, on m’interdisait le pont après quoi, la nausée s’est mise de la partie. J’ai découvert les vertus du Gravol et me suis endormie quelques heures! Le pont fut plus sécuritaire des le lendemain.
33 degrés, humidité intense, moiteur… la Stern cabine était effectivement un endroit ou le mot confort n’existait pas. Normalement étroite pour deux, elle devenait un vrai calvaire pour quatre. Je recevais avec dégoût des gouttes de condensation qui coulait du plafond, aucune position ne fessait office de repos. Je regrettais avoir désiré arrêter de ramer quelques heures plus tôt. Très rapidement je me suis surprise à choisir la résilience, accepter et laisser aller les circonstances guider mon existence pour les prochaines heures, voire les prochains jours. J’ai tout de même tenté de marchander nos espace de sommeil pour rendre le supplice plus équitable… à la toute fin de la semaine nous auront tous couché sur le plancher au moins une fois, reçu en moyenne 1 litre d’eau de condensation sur le coco et s’être réveillé dans l’eau plus d’une fois. Je savais bien que personne ne pouvait devenir aventurier sans se salir les pieds.
Je dois retourner déjà aux avirons, c’est une histoire à suivre…
On installe l’encre flottante, l’océan est trop gros, mauvaise direction des vagues, de la houle et du vent. Il n’y avait rien à faire, même en travaillant d’arrache pied on perdait effectivement 1 mille a l’heure dans la direction opposée!
Mon bonheur fut de courte durée, 2 heures plus tard, je m’ennuyais déjà. Quelques heures plus tard, on m’interdisait le pont après quoi, la nausée s’est mise de la partie. J’ai découvert les vertus du Gravol et me suis endormie quelques heures! Le pont fut plus sécuritaire des le lendemain.
33 degrés, humidité intense, moiteur… la Stern cabine était effectivement un endroit ou le mot confort n’existait pas. Normalement étroite pour deux, elle devenait un vrai calvaire pour quatre. Je recevais avec dégoût des gouttes de condensation qui coulait du plafond, aucune position ne fessait office de repos. Je regrettais avoir désiré arrêter de ramer quelques heures plus tôt. Très rapidement je me suis surprise à choisir la résilience, accepter et laisser aller les circonstances guider mon existence pour les prochaines heures, voire les prochains jours. J’ai tout de même tenté de marchander nos espace de sommeil pour rendre le supplice plus équitable… à la toute fin de la semaine nous auront tous couché sur le plancher au moins une fois, reçu en moyenne 1 litre d’eau de condensation sur le coco et s’être réveillé dans l’eau plus d’une fois. Je savais bien que personne ne pouvait devenir aventurier sans se salir les pieds.
Je dois retourner déjà aux avirons, c’est une histoire à suivre…
mercredi 3 février 2010
De retour à la rame
J’ai tout un retard à rattraper! Du jour 15 au jour 22! Moi qui vous promettais des nouvelles quotidiennes, je me suis retrouvée dans une fâcheuse position durant toute la semaine.
Sur mon dernier blog, je vous expliquais que nous devions trouver le sud du 21 degrés afin d’échapper un système de basse pression, vous aurez deviné que ce système fut plus rapide que l’élan de nos rames et que nous avons été pris au dépourvu. Au total : 6 jours d’arrêt, 6 jours à l’encre flottante, 6 personnes à partager 2 petites cabines, patience, résilience et passe-temps…
Voila un petit blog de rien pour vous rassurer et vous dire que tout va bien, je vous reviens demain avec le fruit de mes inspirations trouvées ici, dans l’aventure de l’océan atlantique.
Merci
Sur mon dernier blog, je vous expliquais que nous devions trouver le sud du 21 degrés afin d’échapper un système de basse pression, vous aurez deviné que ce système fut plus rapide que l’élan de nos rames et que nous avons été pris au dépourvu. Au total : 6 jours d’arrêt, 6 jours à l’encre flottante, 6 personnes à partager 2 petites cabines, patience, résilience et passe-temps…
Voila un petit blog de rien pour vous rassurer et vous dire que tout va bien, je vous reviens demain avec le fruit de mes inspirations trouvées ici, dans l’aventure de l’océan atlantique.
Merci
vendredi 29 janvier 2010
Surplace
"Le Sara G est au beau milieu d'un système dépressionnaire venant du Sud Est, ce qui amène de grosses vagues et... un gros défi pour progresser vers notre destination !! Ça fait au total 3 jours qu'on a sorti l'ancre flottante, car plutôt que d'avancer, on recule de 15 à 20 miles par jour !! On devrait en avoir encore pour 2 jours à faire du surplace, et çà prendra au moins une journée de rame pour revenir à notre position. On aura donc perdu 6 jours au total.
Durant ce temps, mes collègues d'aviron et moi sommes confinés à demeurer dans les cabines, bien en sécurité. C'est un peu à l'étroit, il fait chaud, mais on y est beaucoup mieux que sur le pont où il vente à outrance ! On en profite d'ailleurs pour échanger, et laissez moi vous dire que l'esprit d'équipe se consolide.
Quand je me retrouve dans ma cabine, je prends le temps de me reposer, de lire vos lettres, d'écouter mon MP3. Merci à tous pour vos mots d'encouragement ! Je suis contente de savoir que vous suivez mes péripéties, et que vous êtes avec moi en pensées. Mon moral va beaucoup mieux d'ailleurs. Je commence à prendre le rythme, et tout va pour le mieux : )
Lorsque je reste enfermée dans ma cabines durant de longues heures, et que j'ai chaud, je me sens coincée, j'ai mal... je pense à mes petits patients de l'hôpital, et mon cœur se réchauffe. Sans le savoir, ces enfants m'apportent une grande force intérieure et une résilience, qualités essentielles à ma traversée. Merci à tous ces merveilleux enfants, ils sont une source d'inspiration pour ma traversée !!!"
Mylène
Durant ce temps, mes collègues d'aviron et moi sommes confinés à demeurer dans les cabines, bien en sécurité. C'est un peu à l'étroit, il fait chaud, mais on y est beaucoup mieux que sur le pont où il vente à outrance ! On en profite d'ailleurs pour échanger, et laissez moi vous dire que l'esprit d'équipe se consolide.
Quand je me retrouve dans ma cabine, je prends le temps de me reposer, de lire vos lettres, d'écouter mon MP3. Merci à tous pour vos mots d'encouragement ! Je suis contente de savoir que vous suivez mes péripéties, et que vous êtes avec moi en pensées. Mon moral va beaucoup mieux d'ailleurs. Je commence à prendre le rythme, et tout va pour le mieux : )
Lorsque je reste enfermée dans ma cabines durant de longues heures, et que j'ai chaud, je me sens coincée, j'ai mal... je pense à mes petits patients de l'hôpital, et mon cœur se réchauffe. Sans le savoir, ces enfants m'apportent une grande force intérieure et une résilience, qualités essentielles à ma traversée. Merci à tous ces merveilleux enfants, ils sont une source d'inspiration pour ma traversée !!!"
Mylène
Jour 15
Vents: est : mauvaise direction
Houle: est : bonne direction mais mauvais moment
Sara G : sud est : bonne direction mais manque de temps!
J'ai l'impression de vous donner des indications sur une partie de Master Mind, mais c'est plutôt à Battle Ship que l'on se prête au jeu.
Bientôt nous croiserons des bateaux de la Woodvale challenge, en tout, 91 participants, 41 bateaux, des rameurs en solo, en double, en quadruple et un bateau de 12 rameurs; Britania III. On prend régulièrement leurs positions et on discute sur SAT phone avec un rameur solo Irlandais, il n'est qu'à 50 miles derrière nous, on le sens très seul et on croit que cette mauvaise basse pression lui fera passer des moments pénibles. Même si près de lui, on reste impuissant devant sa condition.
Malheureusement avec le système de basse pression qui s'abat sur la région, nous ne pourrons profiter de vents favorables. Les vents sont maintenant sud et nous avons la surprise de constater que la progression se fait difficile. Chaque coup d'aviron est difficile et la cadence est dure à soutenir. Même en étant celle qui donne le rythme, j'ai du mal à être fidèle à ma propre rigueur. Nous avions pris la décision de cesser de ramer au cours de la nuit. Les vagues se suivaient et ne se ressemblaient pas, chacune était un risque éminent, après 2 ou 3h de matin, la lune ayant quittée notre ciel, nous avons du prévenir les vagues à l'aveuglette donc la prudence était de mise. Nous avons donc cessé de ramer vers 3h am et repris les avirons dans l'après-midi. Un total de 18 hrs sans ramer.
J'ai dormi. J'ai lu mes lettres, réfléchi… mon moral se porte mieux.
En après-midi, nous reprenons le contrôle de la situation et retournons aux avirons pour que la progression suive sont cours. Les coups d'avirons se sont fait de plus en plus difficiles, voir lents, très lents. Habituellement nous avançons à près de 3 ou 4 nœuds, la vitesse du jour 15 frisait les 1.8 nœuds. Toute la nuit, j'ai combattu le sommeil, le désespoir et le découragement. Enfin, dans ma tête se bousculaient des idées négatives que j'ai bien fait de chasser illico! Je me suis efforcée à plusieurs reprises de voir les choses autrement, reprendre le contrôle des mes idées et ne pas me laisser aller à ruminer à chaque instant a été un défi ultime… nous avons ramé de courts coups de rame (short stroke) durant toute la nuit, grossièrement, çà veut dire, on ne pousse presque pas avec les jambes et on donne la poussée en basculant notre dos vers l'arrière et en tirant avec les bras. Ce type de technique est difficile à suivre et nous donne l'impression d'aller nulle part. Aussitôt mon focus dans mon bon moment, je devais user de concentration pour ne pas regarder l'heure et rester dans ma zone. J'y suis arrivée quelques fois. Enfin mon quart se termine et je suis de retour à ma cabine.
Jour 15 achève et nous clôturons un nouveau record de plus courte distance jusqu'ici : 35 miles!
La nuit tombée, le programme continu; retour aux avirons, manque de motivation, fatigue, caplets de caféine, musique et playlists… On alterne nos shifts et on essaie de garder le moral en groupe. On se soutient, avant d'aller au combat, je demande au prochains qui viendront me rejoindre dans 40 minutes; dites-moi, comment vous allez, préférez vous parler, jouer à des jeux ou écouter de la musique quand vous viendrai me rejoindre dans 40 min? La question est bien reçue, j'obtiens pour réponse qu'on aimerait parler. On s'offre de combattre en gang plutôt qu'individuellement, c'est plus profitable.
Je vous laisse sur la nuit qui tombe sur jour 15 et vous promet un prochain blog rempli d'explications… pourquoi vous sommes nous retrouvés avec le Canada dans notre trajectoire sur le marine tracker? Basse pression quand tu nous tiens!!!
Mylène
Houle: est : bonne direction mais mauvais moment
Sara G : sud est : bonne direction mais manque de temps!
J'ai l'impression de vous donner des indications sur une partie de Master Mind, mais c'est plutôt à Battle Ship que l'on se prête au jeu.
Bientôt nous croiserons des bateaux de la Woodvale challenge, en tout, 91 participants, 41 bateaux, des rameurs en solo, en double, en quadruple et un bateau de 12 rameurs; Britania III. On prend régulièrement leurs positions et on discute sur SAT phone avec un rameur solo Irlandais, il n'est qu'à 50 miles derrière nous, on le sens très seul et on croit que cette mauvaise basse pression lui fera passer des moments pénibles. Même si près de lui, on reste impuissant devant sa condition.
Malheureusement avec le système de basse pression qui s'abat sur la région, nous ne pourrons profiter de vents favorables. Les vents sont maintenant sud et nous avons la surprise de constater que la progression se fait difficile. Chaque coup d'aviron est difficile et la cadence est dure à soutenir. Même en étant celle qui donne le rythme, j'ai du mal à être fidèle à ma propre rigueur. Nous avions pris la décision de cesser de ramer au cours de la nuit. Les vagues se suivaient et ne se ressemblaient pas, chacune était un risque éminent, après 2 ou 3h de matin, la lune ayant quittée notre ciel, nous avons du prévenir les vagues à l'aveuglette donc la prudence était de mise. Nous avons donc cessé de ramer vers 3h am et repris les avirons dans l'après-midi. Un total de 18 hrs sans ramer.
J'ai dormi. J'ai lu mes lettres, réfléchi… mon moral se porte mieux.
En après-midi, nous reprenons le contrôle de la situation et retournons aux avirons pour que la progression suive sont cours. Les coups d'avirons se sont fait de plus en plus difficiles, voir lents, très lents. Habituellement nous avançons à près de 3 ou 4 nœuds, la vitesse du jour 15 frisait les 1.8 nœuds. Toute la nuit, j'ai combattu le sommeil, le désespoir et le découragement. Enfin, dans ma tête se bousculaient des idées négatives que j'ai bien fait de chasser illico! Je me suis efforcée à plusieurs reprises de voir les choses autrement, reprendre le contrôle des mes idées et ne pas me laisser aller à ruminer à chaque instant a été un défi ultime… nous avons ramé de courts coups de rame (short stroke) durant toute la nuit, grossièrement, çà veut dire, on ne pousse presque pas avec les jambes et on donne la poussée en basculant notre dos vers l'arrière et en tirant avec les bras. Ce type de technique est difficile à suivre et nous donne l'impression d'aller nulle part. Aussitôt mon focus dans mon bon moment, je devais user de concentration pour ne pas regarder l'heure et rester dans ma zone. J'y suis arrivée quelques fois. Enfin mon quart se termine et je suis de retour à ma cabine.
Jour 15 achève et nous clôturons un nouveau record de plus courte distance jusqu'ici : 35 miles!
La nuit tombée, le programme continu; retour aux avirons, manque de motivation, fatigue, caplets de caféine, musique et playlists… On alterne nos shifts et on essaie de garder le moral en groupe. On se soutient, avant d'aller au combat, je demande au prochains qui viendront me rejoindre dans 40 minutes; dites-moi, comment vous allez, préférez vous parler, jouer à des jeux ou écouter de la musique quand vous viendrai me rejoindre dans 40 min? La question est bien reçue, j'obtiens pour réponse qu'on aimerait parler. On s'offre de combattre en gang plutôt qu'individuellement, c'est plus profitable.
Je vous laisse sur la nuit qui tombe sur jour 15 et vous promet un prochain blog rempli d'explications… pourquoi vous sommes nous retrouvés avec le Canada dans notre trajectoire sur le marine tracker? Basse pression quand tu nous tiens!!!
Mylène
mardi 26 janvier 2010
Solitude
L’enveloppe rose était plutôt abimée, au moment de la sortir de son sac plastique, j’ai encore hésité à l’ouvrir. Devrais-je attendre un moment plus opportun pour la lire? J’ai observé la missive sous toutes ses angles et me suis souvenue à quel point j’en ai pris soin. Après notre 2e tentative de départ du Maroc, elle avait été trempée comme tout le reste et avait du sécher sur ma cabine toute une journée, j’étais inquiète que l’information disparaisse ou se dissipe avec l’humidité et l’usure. D’un cote, un dessin fait par les mains de Loïc, cent fois scruté de mes petits yeux fatigués, fessait office de décoration au plafond de ma cabine. De l’autre coté, il y avait écrit : « Respecte la mer et elle te respectera » Ta sœur qui t’aime.
Collée, décollée, humide, séchée, transférée dans un sac ziploc, recollée au plafond de ma cabine à maintes reprises, elle contenait toujours son message original écrit de la main de ma sœur le 25 décembre dernier. Ma sœur a dit de l’ouvrir en cas de difficultés interpersonnelles. Ma question; Est-ce que se sentir seule au milieu de 5 personnes peut-être considéré comme une difficulté interpersonnelle? C’est sur il y a pleins de petites difficultés interpersonnelles. Donc je l’ouvre.
Merci ma sœur, tes mots clé m’ont aidé, tu ne peux pas savoir à quel point, je m’y agrippe comme à une bouée de secours. « Laisse retombée la poussière » « reste patiente ». Ma sœur et moi partageons la lune, on se sent seules et séparées mais en cherchant la lune dans mon ciel ce soir, je me sens bien et enveloppée. Je sais que ma sœur cherche aussi.
Merci Jen, j’ai bien reçu ton courriel qui m’a fait un bien fou. C’est difficile de constater que plusieurs personnes suivent mon aventure. Comme je ne peux me rendre sur facebook et prendre mes messages d’encouragements, mes courriels ou les commentaires de mon blog, je sens que j’existe qu’ici. N’hésitez pas à m’écrire, Julie saura quels courriels encourageants me transmettre. Je me sens coupée du monde et c’est difficile à évoquer. Pour vous donner un aperçu, ma nièce est née mercredi dernier et je l’ai appris par moi-même le vendredi suivant! Même avec toute cette technologie disponible, personne ne me rejoint.
Merci a Philippe Schnobb pour nos entrevues hebdomadaires, elles me permettent de rester en contact avec tous vos auditeurs et une population avide de savoir ce qui se passe dans notre périple.
Mylène
Collée, décollée, humide, séchée, transférée dans un sac ziploc, recollée au plafond de ma cabine à maintes reprises, elle contenait toujours son message original écrit de la main de ma sœur le 25 décembre dernier. Ma sœur a dit de l’ouvrir en cas de difficultés interpersonnelles. Ma question; Est-ce que se sentir seule au milieu de 5 personnes peut-être considéré comme une difficulté interpersonnelle? C’est sur il y a pleins de petites difficultés interpersonnelles. Donc je l’ouvre.
Merci ma sœur, tes mots clé m’ont aidé, tu ne peux pas savoir à quel point, je m’y agrippe comme à une bouée de secours. « Laisse retombée la poussière » « reste patiente ». Ma sœur et moi partageons la lune, on se sent seules et séparées mais en cherchant la lune dans mon ciel ce soir, je me sens bien et enveloppée. Je sais que ma sœur cherche aussi.
Merci Jen, j’ai bien reçu ton courriel qui m’a fait un bien fou. C’est difficile de constater que plusieurs personnes suivent mon aventure. Comme je ne peux me rendre sur facebook et prendre mes messages d’encouragements, mes courriels ou les commentaires de mon blog, je sens que j’existe qu’ici. N’hésitez pas à m’écrire, Julie saura quels courriels encourageants me transmettre. Je me sens coupée du monde et c’est difficile à évoquer. Pour vous donner un aperçu, ma nièce est née mercredi dernier et je l’ai appris par moi-même le vendredi suivant! Même avec toute cette technologie disponible, personne ne me rejoint.
Merci a Philippe Schnobb pour nos entrevues hebdomadaires, elles me permettent de rester en contact avec tous vos auditeurs et une population avide de savoir ce qui se passe dans notre périple.
Mylène
Jour 14
La nuit tombe sur Day 14. C’est le « Dask » shift, je regarde ma lune à tribord et le Québec en dessous. Aujourd’hui, j’ai relu des lettres d’amis, dormi et ramé, j’ai mangé des trucs impossibles et, catastrophe; je n’ai plus de chocolat chaud.
Au début de la traversée, j’avais mal au dos et je m’en inquiétais. Mon capitaine m’à alors dit ceci; En mer, un petit bémol devient vite une grande catastrophe, reste calme devant l’adversité, sache relativiser. C’est bien vrais, ici, il n’y a pas de référence pour mesurer l’étendu d’un problème. Tout est important, nos besoins fondamentaux sont à combler sans négociation, sommeil, alimentation, repos… lorsqu’on perd une rame, on sent que c’est la fin du monde mais il y a toujours une solution de rechange. J’écoute KT Tunstall chanter Miniatures Dissasters et je me reconnais dans ses paroles. Je me sens moins seule avec la musique. Mon défi est d’autant plus humain que sportif. J’accepte les nouvelles issues avec front, je veux apprendre alors je suis au bon endroit.
Des nouvelles de notre routeur météo, un système de basse pression sera présent au nord du 21 degrés sud. Ce qui provoquerait des vents du sud, contraires à notre bonne volonté. Nous avons alors reçu l’avis de nous précipiter le plus rapidement possible au sud du 21e degrés afin de poursuivre notre progression franc ouest par la suite. Nous avons alors 3 jours, d’ici vendredi, pour parcourir un total de 170 miles. Nous avons maintenant un cap ouest sud-ouest. Les vents nous proviennent présentement est nord est. Vous croirez que ce sera facile vu les progrès effectués récemment, mais sachez que l’on assois vitesse de 2 nœuds depuis notre vent chaud d’est, le Sahara souffle sur nous et ralentit notre avance.
Notre position actuelle est 22 degrés 23,36 minutes Nord et 25 degrés 14,68 minutes Ouest et notre distance parcourue depuis hier est 70 miles marins.
Au début de la traversée, j’avais mal au dos et je m’en inquiétais. Mon capitaine m’à alors dit ceci; En mer, un petit bémol devient vite une grande catastrophe, reste calme devant l’adversité, sache relativiser. C’est bien vrais, ici, il n’y a pas de référence pour mesurer l’étendu d’un problème. Tout est important, nos besoins fondamentaux sont à combler sans négociation, sommeil, alimentation, repos… lorsqu’on perd une rame, on sent que c’est la fin du monde mais il y a toujours une solution de rechange. J’écoute KT Tunstall chanter Miniatures Dissasters et je me reconnais dans ses paroles. Je me sens moins seule avec la musique. Mon défi est d’autant plus humain que sportif. J’accepte les nouvelles issues avec front, je veux apprendre alors je suis au bon endroit.
Des nouvelles de notre routeur météo, un système de basse pression sera présent au nord du 21 degrés sud. Ce qui provoquerait des vents du sud, contraires à notre bonne volonté. Nous avons alors reçu l’avis de nous précipiter le plus rapidement possible au sud du 21e degrés afin de poursuivre notre progression franc ouest par la suite. Nous avons alors 3 jours, d’ici vendredi, pour parcourir un total de 170 miles. Nous avons maintenant un cap ouest sud-ouest. Les vents nous proviennent présentement est nord est. Vous croirez que ce sera facile vu les progrès effectués récemment, mais sachez que l’on assois vitesse de 2 nœuds depuis notre vent chaud d’est, le Sahara souffle sur nous et ralentit notre avance.
Notre position actuelle est 22 degrés 23,36 minutes Nord et 25 degrés 14,68 minutes Ouest et notre distance parcourue depuis hier est 70 miles marins.
Jour 13
Un vent et une houle de l’Est et Nord-est et nous revoilà propulsés vers de nouvelles difficultés mais aussi de nouveaux records d’équipe. 90 miles parcourus en 24 heures. À cause de ce vent qui tourne constamment de l’est au nord-est, nous avons du arrêter quelques heures sporadiquement pour contrer les vagues imprévisibles et changeantes avant quoi mon petit poste de nage insignifiant s’est rempli d’eau à plusieurs reprises. L’embarcation se retrouve souvent basculé comme une plume qui tombe du ciel! Aussitôt que l’océan le permet, on retourne aux avirons. Cette nuit, je me suis sentie la reine du monde, je me tenais fermement aux gardes fou, attachée à mon harnais, installée au plus haut point réglementaire de l’embarcation, j’ai passé mes deux heures de rame à observer les vagues unes à unes se lever contre la coque. Notre horaire reste le même, malgré que notre tâche ne consiste plus sa ramer, on reste disponibles pour le faire si le temps change. Plus tard, de ma cabine, c’est fou comme çà bougeait, j’ai roulé sur mon voisin durant mon sommeil et touché le plafond. C’est tout un manège.
Côté rame, les Croker sont excellentes, malgré qu’elles soient peu robustes, elles offrent une meilleure souplesse. Je tombe beaucoup moins même presque plus de mon poste de nage. Quand une Croker se cogne sur ma cuisse, je sais que ce n’est plus juste ma cuisse qui mange le coup mais la Croker aussi. Comme si ce n’était pas suffisant… en faisant d’autres ajustements Peter et moi avons perdu une autre rame mais une Croker cette fois!!!
Durant la nuit, on a cru apercevoir un bateau à rame comme nous mais nous hésitons encore a croire que ce serait un concurrent de la Woodvale. Nous sommes très près des dernières positions épar un concurrent Irlandais avec qui Peter à discuté par téléphone satellite cette semaine. Battre le bateau de 12 rameurs, le Britania III, reste toujours une possibilité.
Tous les soirs, je croise des regards d’amis sur mon ipod. Grace à mon amie Pauline, je peux rire, vous voir et vous écouter. Hier, c’est ma sœur qui m’a fait le plus rire avec ma cousine et mon neveu. Il y a deux jours c’est ma cousine Caroline et son conjoint qui m’on fait plaisir en m’annonçant qu’ils seront peut-être présents eux aussi à la Barbade! Je me sens bien seule parfois et vos sourires me réchauffent le cœur comme par magie. Céline, Mélina et Maryline, je vous ai écouté plus d’une dizaine de fois. Merci
Je pense à vous tous, j’ai une grosse pensée pour le Québec quand je regarde à Starbord, à ma gauche. Je sais que si je fais une belle grande ligne droite, je vous rejoins.
Au moment où j’écris ces lignes je réalise que je n’ai pas vu la neige depuis un mois! J’ai quitté à Noel et nous sommes exactement 1 mois plus tard. Loïc, tu as déjà change, tu es grand frère maintenant, ma sœur, encore une fois maman… tant de choses ont change depuis un mois! J’ai le cafard, Pauline est-ce que c’est çà le cafard? Est-ce que je peux ouvrir ton enveloppe maintenant?
Dernière position : 23 degrés 03 minutes Nord et 24 degrés 11 minutes Ouest
Mimi xx
Côté rame, les Croker sont excellentes, malgré qu’elles soient peu robustes, elles offrent une meilleure souplesse. Je tombe beaucoup moins même presque plus de mon poste de nage. Quand une Croker se cogne sur ma cuisse, je sais que ce n’est plus juste ma cuisse qui mange le coup mais la Croker aussi. Comme si ce n’était pas suffisant… en faisant d’autres ajustements Peter et moi avons perdu une autre rame mais une Croker cette fois!!!
Durant la nuit, on a cru apercevoir un bateau à rame comme nous mais nous hésitons encore a croire que ce serait un concurrent de la Woodvale. Nous sommes très près des dernières positions épar un concurrent Irlandais avec qui Peter à discuté par téléphone satellite cette semaine. Battre le bateau de 12 rameurs, le Britania III, reste toujours une possibilité.
Tous les soirs, je croise des regards d’amis sur mon ipod. Grace à mon amie Pauline, je peux rire, vous voir et vous écouter. Hier, c’est ma sœur qui m’a fait le plus rire avec ma cousine et mon neveu. Il y a deux jours c’est ma cousine Caroline et son conjoint qui m’on fait plaisir en m’annonçant qu’ils seront peut-être présents eux aussi à la Barbade! Je me sens bien seule parfois et vos sourires me réchauffent le cœur comme par magie. Céline, Mélina et Maryline, je vous ai écouté plus d’une dizaine de fois. Merci
Je pense à vous tous, j’ai une grosse pensée pour le Québec quand je regarde à Starbord, à ma gauche. Je sais que si je fais une belle grande ligne droite, je vous rejoins.
Au moment où j’écris ces lignes je réalise que je n’ai pas vu la neige depuis un mois! J’ai quitté à Noel et nous sommes exactement 1 mois plus tard. Loïc, tu as déjà change, tu es grand frère maintenant, ma sœur, encore une fois maman… tant de choses ont change depuis un mois! J’ai le cafard, Pauline est-ce que c’est çà le cafard? Est-ce que je peux ouvrir ton enveloppe maintenant?
Dernière position : 23 degrés 03 minutes Nord et 24 degrés 11 minutes Ouest
Mimi xx
dimanche 24 janvier 2010
Tempête sur ma position
Depuis mon poste de nage, quand une vague se fracasse sur le pont mon siège se déplace ou mes pieds sortent des étriers et je tombe dans le cockpit, quand de grosses vagues viennent forcer les rames à s’assoir sur mes cuisses ou mes tibias ou trop souvent mes hanches, j’ai envie de pleurer parce que çà m’arrache toute une sensation de douleur qui prend trop de mon énergie, quelques secondes plus tard, j’oublie, mais si on a affaire à une mer forte, je dois persister plus d’une fois. Quand je suis éjectée de mon siège, le truc que les garçons me suggèrent c’est de laisser aller les rames. Une fois sur le cul de toute façon est ce que j’ai vraiment d’autres choix? Je bénis trop souvent ces moments d’insulte en me retrouvant dans une telle position. Étant la seule fille, je frustre contre mon manque apparent de force physique, les gars sont loin d’avoir ce genre de problèmes.
Cette nuit, je m’installe, je rame, la mer est forte et mouvementée, Sara G a tendance à porter tout son poids à Bâbord… Je tombe une fois, j’en sacre deux. Une minute plus tard, je tombe encore et là j’en perds mon anglais, je me parle en français et l’évangile en prend pour son rhume. Le poste central est vide car Peter et Matt son à la cuisinière dans la porte de la Stern cabine à quelques centimètre de ma position et James rame à sa position derrière moi, à la Bow cabine. Mon enveloppe et moi sommes trempées et le contenu; FRUSTRÉE. Je suis jalouse, pourquoi çà arrive juste à moi, j’ai tellement l’air épaisse sur le derrière, devant mes rameurs. Depuis la semaine dernière les garçons me disent de lâcher les rames et de ne pas résister contre elles, les laisser aller. Malgré mon manque d’aise à le faire de même c’est ce que je me résigne à faire une fois que je sens que je perds le contrôle de la situation depuis la semaine. C’est qu’en lâchant tout je m’abandonne à mon harnais, avant, sans lâcher les rames , je pouvais me retrouver plus loin sur le pont… entre ma rame et le sol, trimballée sur 2 pieds à savoir qui serait la plus têtue… la vague, la rame ou moi. Maintenant je sais que ce n’est pas la rame, ce n’est pas moi non plus… La mer m’a appris à rester calme, me frustrer ne me donnera rien ici…
3 e assaut : Mes rames m’emportent encore sous l’influence d’une force impossible, je suis enragée, cette fois encore je n’aurai pas le dernier mot. En tombant, je repousse les rames violement, avec frustration, je l’admets. La mer aura toujours le dernier mot : Voilà ma rame tribord qui s’éloigne et revient violement me tester la patience. Je la repousse une fois de trop. Elle pivote, se retrouve complètement à l’extérieur retenue par la dame de nage et CRACK, la mer l’avale, je me précipite, trop tard. Elle flotte et s’éloigne. Je regarde la dame, elle est tordue un peu, le carbone à fait son œuvre. La mer à voulu m’apprendre que même après 40 ou 50 chutes frustrantes, la mer mérite ma patience.
On a du tout ranger et sommes rentrés a l’abri, rien n’était possible de faire au clair de lune. Continuer durant la nuit, avec un rameur en moins devenais inefficace. Je me retrouve donc, au petit matin avec une paire de Croker dans les mains. Pedro et Pete ont un astuce pour palier à mes problèmes de chutes interminables. Peut-être procéder à de nouveaux ajustements. Lesquels tiennent office de solution.
Oui, j’ai pleuré, pas trop mais j’ai quand même pleuré. J’avais donc honte d’avoir fait ralentir le projet parce que je ne suis pas assez forte pour me tenir à mon poste sur mon siège, j’ai pleuré parce que j’ai perdu ma super rame d’océan en carbone noire et jaune, qui flash dans le noir, j’ai pleuré parce que personne ne m’a parlé avant d’aller au lit donc je les croyais tous fâchés contre moi, ben oui, j’ai pleuré en écrivant ce blogue. J’ai eu honte de moi. J’ai pleuré en parlant avec Pedro ce matin je lui ai expliqué que je préférais avoir perdu une rame que de me blesser. J’ai pleuré parce que j’ai réalisé ce matin que tout le monde prenais mon problème à la légère, un petit problème pas réglé ici devient un problème de groupe là bas! Mais là çà vas… c’est le stress, çà fini par vous épuiser de ne jamais dormir plus de 1h30 en ligne.
Au moment de corriger ces lignes, je suis heureuse et reposée.
Notre position actuelle affirme que l’on a parcouru que 24 miles à cause de notre arrêt de nuit.
Je reprendrai le rythme de mon blog quotidien, nous en sommes au jour 13. C’est le temps d’ouvrir des lettres! Je lance l’appel à Jean-François mon beau-frère qui a oublié celle qu’il a écrit pour moi… c’est le temps de me l’envoyer par courriel JF!
Je vous embrasse fort
Mylène, les pieds dans l’eau.
Cette nuit, je m’installe, je rame, la mer est forte et mouvementée, Sara G a tendance à porter tout son poids à Bâbord… Je tombe une fois, j’en sacre deux. Une minute plus tard, je tombe encore et là j’en perds mon anglais, je me parle en français et l’évangile en prend pour son rhume. Le poste central est vide car Peter et Matt son à la cuisinière dans la porte de la Stern cabine à quelques centimètre de ma position et James rame à sa position derrière moi, à la Bow cabine. Mon enveloppe et moi sommes trempées et le contenu; FRUSTRÉE. Je suis jalouse, pourquoi çà arrive juste à moi, j’ai tellement l’air épaisse sur le derrière, devant mes rameurs. Depuis la semaine dernière les garçons me disent de lâcher les rames et de ne pas résister contre elles, les laisser aller. Malgré mon manque d’aise à le faire de même c’est ce que je me résigne à faire une fois que je sens que je perds le contrôle de la situation depuis la semaine. C’est qu’en lâchant tout je m’abandonne à mon harnais, avant, sans lâcher les rames , je pouvais me retrouver plus loin sur le pont… entre ma rame et le sol, trimballée sur 2 pieds à savoir qui serait la plus têtue… la vague, la rame ou moi. Maintenant je sais que ce n’est pas la rame, ce n’est pas moi non plus… La mer m’a appris à rester calme, me frustrer ne me donnera rien ici…
3 e assaut : Mes rames m’emportent encore sous l’influence d’une force impossible, je suis enragée, cette fois encore je n’aurai pas le dernier mot. En tombant, je repousse les rames violement, avec frustration, je l’admets. La mer aura toujours le dernier mot : Voilà ma rame tribord qui s’éloigne et revient violement me tester la patience. Je la repousse une fois de trop. Elle pivote, se retrouve complètement à l’extérieur retenue par la dame de nage et CRACK, la mer l’avale, je me précipite, trop tard. Elle flotte et s’éloigne. Je regarde la dame, elle est tordue un peu, le carbone à fait son œuvre. La mer à voulu m’apprendre que même après 40 ou 50 chutes frustrantes, la mer mérite ma patience.
On a du tout ranger et sommes rentrés a l’abri, rien n’était possible de faire au clair de lune. Continuer durant la nuit, avec un rameur en moins devenais inefficace. Je me retrouve donc, au petit matin avec une paire de Croker dans les mains. Pedro et Pete ont un astuce pour palier à mes problèmes de chutes interminables. Peut-être procéder à de nouveaux ajustements. Lesquels tiennent office de solution.
Oui, j’ai pleuré, pas trop mais j’ai quand même pleuré. J’avais donc honte d’avoir fait ralentir le projet parce que je ne suis pas assez forte pour me tenir à mon poste sur mon siège, j’ai pleuré parce que j’ai perdu ma super rame d’océan en carbone noire et jaune, qui flash dans le noir, j’ai pleuré parce que personne ne m’a parlé avant d’aller au lit donc je les croyais tous fâchés contre moi, ben oui, j’ai pleuré en écrivant ce blogue. J’ai eu honte de moi. J’ai pleuré en parlant avec Pedro ce matin je lui ai expliqué que je préférais avoir perdu une rame que de me blesser. J’ai pleuré parce que j’ai réalisé ce matin que tout le monde prenais mon problème à la légère, un petit problème pas réglé ici devient un problème de groupe là bas! Mais là çà vas… c’est le stress, çà fini par vous épuiser de ne jamais dormir plus de 1h30 en ligne.
Au moment de corriger ces lignes, je suis heureuse et reposée.
Notre position actuelle affirme que l’on a parcouru que 24 miles à cause de notre arrêt de nuit.
Je reprendrai le rythme de mon blog quotidien, nous en sommes au jour 13. C’est le temps d’ouvrir des lettres! Je lance l’appel à Jean-François mon beau-frère qui a oublié celle qu’il a écrit pour moi… c’est le temps de me l’envoyer par courriel JF!
Je vous embrasse fort
Mylène, les pieds dans l’eau.
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