Quand j’ai appelé mon amie Pascale d’Alma, c’était pour lui demander conseil. Je voulais connaître sa position, selon elle, combien de temps me faudrait-il avant le début de mon quart de rame pour me préparer. En lui demandant, je n’avais pas idée de ce que j’aurais à faire dans ce cours laps de temps, certes mettre mes gants et mon harnais mais encore...
J’ai demandé à Pascale Maltais, parce que Pascale, c’est MA championne! C’est mon petit modèle, du haut de ses 16 ans, elle se dépasse à chaque jour et m’inspire beaucoup. Pascale est rigoureuse, talentueuse, énergisante et passionnée. Disciplinée et travaillante, j’ai beaucoup appris auprès d’elle lorsqu’on a fait un double lors d’un marathon à Ottawa en août dernier. Sa petite voix me revient parfois en tête en pleine nuit… « on reste efficace dans l’eau Mylène », « garde ton dos droit », « respire ».
Quand j’entends Pedro crier « Myleene, Myleene, Twelve minutes» I Say : « All right » … je pense parfois : « mais pourquoi Pascale a dit 12! 10, c’est pas assez, non? » Des fois, j’obéis, d’autres je reste au lit 2 minutes ou 3… je paye mon manque de discipline par la suite. Quand je pense à combien mon amie Pascale est rigoureuse, je me lève, je pense qu’elle, elle aimerait tellement çà être ici au centre de nulle part et n’avoir qu’a ramer et se dépasser! Je pense à nos oiseaux, je ris, je remet tout en perspective, je réalise combien je suis chanceuse de réaliser le rêve d’une vie… bien qu’il y en a bien d’autres qui viendront, je me dis «Pascale avait raison, j’ai besoin de ce 12 minutes pour me focusser, me préparer et me glisser dans la peau d’une vraie OCEAN ROWER. Parce que mon rêve c’est çà d’abord; être une ocean rower!
Pascale pour toi, voilà ce que je fais de mon 12 minutes:
Pedro m’appelle, je grogne, je réfléchi et je me tortille et me déplie pour me rendre à ma lampe torche que j’installe sur mon front. L’espace entre la couchette et le plafond de notre cabine n’offre qu’un petit 40 centimètres d’espace, il suffit de me plier un peu. Sortir du lit, c’est une série d’abdos en soi! Je regarde l’heure. XXh28! Je commence a XXh40. Mettre mes shorts ou mes « throussers », trouver mon ipod, prendre une barre chocolat ou une barre protéinée. (sans oublier mes Gaviscon qui pourront rétablir mes excès alimentaires) La nuit je choisi la tuque noire au lieu de la rose, reçues a noël de ma sœur, ce sera le cadeau le plus utile jusqu’ici. Non pas qu’il fait froid mais c’est super utile de me libérer de mes petits bébés cheveux agressants qui chatouillent mon visage durant la rame, avec tout le vent qu’il y a ici, on doit trouver les moyens.
Si je suis bien sortie du lit à XXh28, j’ai le temps de faire un café ou un chocolat chaud. C’est James et Matt qui en profitent avec moi dans les minutes qui suivront. Je mets mon imper rouge vif, Je mets mes gants Gill. J’ai choisi d’éliminer les étapes parasites… par exemple mettre des bas! Avant de partir du Maroc, j’ai acheté des souliers de surf, ils se mettent en un instant et restent mouillés. (Oui maman, j’ai les pieds mouillés 12 heures par jour) ils resteront à la température de mon corps et à chaque vague que la mer délivre sur le pont, mes pieds retrouveront la fraicheur de l’océan.
J’enfile mon harnais, ce qui peut devenir un vrai casse tête en pleine nuit (quelle sangle va où et comment?) En sortant sur le pont, je cherche des yeux ma ligne de vie sur laquelle mes amis ont écrit des mots d’encouragements et mon neveu Loïc, un dessin. L’étape cruciale, c’est de faire UN avec mon bateau, clip, clip, tout droit sur le dessin de Loïc, à chaque fois, je pense à lui. Je fais un Look-Out et scrute l’océan très longuement pour les cargos. Je choisis une nouvelle combinaison de foams, jel set ou skin cheap pour protéger mon derrière sur mon siège à coulisse. Je m’installe.
Les rames n’attendent qu’à retrouver l’eau, pour les rameurs que je connais, mes rames ont plutôt l’air des rames de pointes, longues et robustes. Rien à voir avec des rame des couples qu’on a quand même à bord au cas ou... Les manches sont fait de tulipe et le reste de carbone, noir et jaune. La pelle est une culière blanche qui coupe l’eau gracieusement. Je cherche les points lumineux réfléchissants sur les gros manches de bois, ces marques qui témoignent de la position des pelles dans l’eau et une fois prête j’enfile les rames dans les dame de nage où elle attendaient patiemment et m’élance à l’attaque. 2 heures durant…
Mes rames font office de prothèses, comme une extension de mon propre corps à moi, c’est mon contact direct avec la mer. Je ressens la pression, le courant, les flots, la vitesse et la résistance de l’eau du bout de doigts, je ressens même le vent si je les laisse en agripper un souffle. Malgré qu’elles soient résistantes au point de me jeter parfois au sol de l’embarcation, je les trouve agréables à manipuler, elles sont faites pour l’océan et toutes ces conditions.
dimanche 24 janvier 2010
Jour 10, 11 et 12
Avec le vent et la houle dans notre direction on a pu atteindre notre way point rapidement et clôturer la journée avec un millage de 84 miles nautiques. On a pu obtenir un record de vitesse à nos positions respectives James, Matt et moi de 4,7 nœuds… J'ai eu du fun de constater que nous sommes les moins sportifs de l’équipage et que nos vrais rameurs devraient se mettre à l’action!
Tout va très bien malgré que de me lever en pleine nuit pour ramer demeurera toujours un défi de tous les moments. Une fois sur l’eau, je suis aux anges mais la minute ou Pedro m’appelle aux avirons me décourage énormément. Je vous ai prépare un petit texte a ce sujet… 12 minutes.
Le jour 11 a vu le millage atteindre 87 miles nautiques et le jour 12 84 miles.
Notre position actuelle au moment d’écrire ces lignes est 23 degrés 23,46 minutes Nord et 23 degrés 9,72 minutes Ouest.
Tout va très bien malgré que de me lever en pleine nuit pour ramer demeurera toujours un défi de tous les moments. Une fois sur l’eau, je suis aux anges mais la minute ou Pedro m’appelle aux avirons me décourage énormément. Je vous ai prépare un petit texte a ce sujet… 12 minutes.
Le jour 11 a vu le millage atteindre 87 miles nautiques et le jour 12 84 miles.
Notre position actuelle au moment d’écrire ces lignes est 23 degrés 23,46 minutes Nord et 23 degrés 9,72 minutes Ouest.
samedi 23 janvier 2010
Blog gastrique!
Maman, tu avais raison! (encore ne fois)
J’ai pas pensé bien bien longtemps et je n’ai pas vraiment consulté personne non plus. C’est dans ces situations là que ma petite tête dure prend du service. Depuis plus de dix jours que je me nourris de rations pacs totalisant en moyenne 4000 à 5000 calories par jour. Je dois très certainement en dépenser 6000 à 7000. Ceci dit, la nourriture qui nous est offerte est constituée de sucre et matières grasses en grandes quantités. Un repas peut en moyenne contenir de 40 à 50 grammes de gras! Quand on ingère autant de matières grasses on peut souffrir d’acidité gastrique. (Dr. Monia, il se peut que je te téléphone là!) depuis plus d’une semaine j’ai bel et bien de l’acidité gastrique, c’est comme un mal de mer mais tout dans la gorge et le duodénum! À l’aide Zantac… pas tellement efficace dans mon cas! Hier, en désespoir de cause, je me suis dit : « Je prends un break de rations pacs! J’ai encore des réserves, j’ai déjà fondu ici et là mais çà fait le reflux, aujourd’hui, je mange du riz blanc et quelques bouchés désagréables de ration pacs… 2 ou 3 tablettes de chocolat et voilà mon menu…. »
Si on fait le calcul je suis passé sans réfléchir de 4000 calories a heu… max 1500! Donc cette nuit… j’ai payé pour! Décoordination totale, perte d’équilibre (ici c’est facile) et je me suis mise a mélanger ma lange maternelle à l’anglais! Je ramais tout croche et j’avais les idées décousues. Mes conversations étaient probablement aussi difficiles à suivre comme la cadence de mes coups de rame! Mauvaise nuit. Ce matin je me gave d’un petit déjeuner de 1200 calories à lui seul accompagne d’un double chocolat chaud de 400 calories, c’est plus que ce que vous avez ingéré en une journée non? Bon appétit!
Désolée maman mais je ne pouvais quand même pas manger 5000 calories par jour pour me pratiquer! Maman avait des inquiétudes face à ma nouvelle alimentation en mer. Elle a encore une fois eu raison de s’inquiéter! Ne t’inquiète plus maman, on me surveille de près ici maintenant, on me demande ce que je mange et on m’encourage à manger… on voit si je vais bien.
J’ai pas pensé bien bien longtemps et je n’ai pas vraiment consulté personne non plus. C’est dans ces situations là que ma petite tête dure prend du service. Depuis plus de dix jours que je me nourris de rations pacs totalisant en moyenne 4000 à 5000 calories par jour. Je dois très certainement en dépenser 6000 à 7000. Ceci dit, la nourriture qui nous est offerte est constituée de sucre et matières grasses en grandes quantités. Un repas peut en moyenne contenir de 40 à 50 grammes de gras! Quand on ingère autant de matières grasses on peut souffrir d’acidité gastrique. (Dr. Monia, il se peut que je te téléphone là!) depuis plus d’une semaine j’ai bel et bien de l’acidité gastrique, c’est comme un mal de mer mais tout dans la gorge et le duodénum! À l’aide Zantac… pas tellement efficace dans mon cas! Hier, en désespoir de cause, je me suis dit : « Je prends un break de rations pacs! J’ai encore des réserves, j’ai déjà fondu ici et là mais çà fait le reflux, aujourd’hui, je mange du riz blanc et quelques bouchés désagréables de ration pacs… 2 ou 3 tablettes de chocolat et voilà mon menu…. »
Si on fait le calcul je suis passé sans réfléchir de 4000 calories a heu… max 1500! Donc cette nuit… j’ai payé pour! Décoordination totale, perte d’équilibre (ici c’est facile) et je me suis mise a mélanger ma lange maternelle à l’anglais! Je ramais tout croche et j’avais les idées décousues. Mes conversations étaient probablement aussi difficiles à suivre comme la cadence de mes coups de rame! Mauvaise nuit. Ce matin je me gave d’un petit déjeuner de 1200 calories à lui seul accompagne d’un double chocolat chaud de 400 calories, c’est plus que ce que vous avez ingéré en une journée non? Bon appétit!
Désolée maman mais je ne pouvais quand même pas manger 5000 calories par jour pour me pratiquer! Maman avait des inquiétudes face à ma nouvelle alimentation en mer. Elle a encore une fois eu raison de s’inquiéter! Ne t’inquiète plus maman, on me surveille de près ici maintenant, on me demande ce que je mange et on m’encourage à manger… on voit si je vais bien.
jeudi 21 janvier 2010
Jour 8 et 9
Le jour 8
Le jour 8 a été difficile! Compte tenu des vents nous provenant du Sud-est et de notre direction Sud-ouest, la progression était différente. Quand vous tentez tant bien que mal de faire déplacer l’embarcation si peu soit-il, quand vos efforts ne font pas que vous sembler inutiles; ils le sont, vous faites du sur-place! Frustration!
Total de la journée : 80 miles! Bon très bien, efforts récompensés!
Un peu d’action sur les ondes radio VHF durant la nuit. Un mayday relay est lancé! Un bateau de plongée sous-marine perd un plongeur en mer, directement dans nos eaux. On demande à tous de participer aux recherches, moi je scrute l’horizon… Je ne peux faire autrement que d’y penser toute la nuit, c’est la qu’on voit la différence entre les hommes et les femmes, moi la sensible, qui pense à notre plongeur perdu en mer et toutes les questions dramatiques qui s’y rattachent. Et les gars qui eux, qui ne sont, en tout cas, ne semblent pas touchés par le mayday.
Le jour 8 m’a enfin permis d’ouvrir une lettre! Celle de ma petite-cousine que j’aime! Merci pour tes encouragements Geneviève xx
Le jour 9
Bien attachée à mon harnais et ma ligne de vie, je rame l’esprit tranquille. Lorsque les vagues frisent sous Sara G et qu’elles se fendent sur le pont, mon esprit d’aventure est nourri. Quand une vague m’avale par contre, je ne peux me résigner à lâcher mes rames. Voyez-vous, quand une vague fracasse ma position, je perds parfois contact avec mon siège a coulisse mais en premier se sont mes pieds qui quittent les étriers. Comme mes pieds sont petits, ils flottent dans les sangles et ne m’offrent aucune possibilité afin me retenir à ma position donc je bascule littéralement de mon poste de nage. Je me retrouve insultée, le mot est juste, les gars trouvaient çà comique au début mais depuis hier, ils essaient de me trouver des solutions. Bon ok, je suis résistante mais combien de fois je vais me retrouver sur le pont pieds par-dessus tête?
Hier, la mer était trop formée, je ne serais pas la seule a me faire avaler en d’autres mots, c’était un peu trop de rodéo sur notre siège à coulisse, le capitaine à offert deux solution, l’ancre flottante ou la dérive et tous à l’abris dans les cabines. Après-midi de congé, chaleur intense dans la Stern cabine, seule solution : dormir! Retour au calme, retour à la rame, notre journée nous à quand même donné un millage record de 88 miles! Imaginez si on avait continué!
Notre position actuelle au moment d’écrire ces lignes : 25 degrés 22,449 minutes Nord et 19 degrés 19,653 minutes Ouest
Température beaucoup trop chaude pour une canadienne et non une américaine comme Mike se plait à me dire! Houle et vent directement du Nord, ce qui nous donne une chance d’atteindre notre prochain way point qu’on appelle Cap Verde dans moins de 4 heures.
Correction; pour en revenir aux heures de rame ce qui ne semblait pas être claires en effet :
Je rame de 12h40 a 2h40am et
4h40am a 6h40am et
8h40am a 10h40am et
12h40 a 2h40pm et
4h40pm a 6h40pm et
8h40pm a 10h40 pm
Voila, pensez à moi pour les 20 dernières minutes svp, ce sont les plus dures!
Le jour 8 a été difficile! Compte tenu des vents nous provenant du Sud-est et de notre direction Sud-ouest, la progression était différente. Quand vous tentez tant bien que mal de faire déplacer l’embarcation si peu soit-il, quand vos efforts ne font pas que vous sembler inutiles; ils le sont, vous faites du sur-place! Frustration!
Total de la journée : 80 miles! Bon très bien, efforts récompensés!
Un peu d’action sur les ondes radio VHF durant la nuit. Un mayday relay est lancé! Un bateau de plongée sous-marine perd un plongeur en mer, directement dans nos eaux. On demande à tous de participer aux recherches, moi je scrute l’horizon… Je ne peux faire autrement que d’y penser toute la nuit, c’est la qu’on voit la différence entre les hommes et les femmes, moi la sensible, qui pense à notre plongeur perdu en mer et toutes les questions dramatiques qui s’y rattachent. Et les gars qui eux, qui ne sont, en tout cas, ne semblent pas touchés par le mayday.
Le jour 8 m’a enfin permis d’ouvrir une lettre! Celle de ma petite-cousine que j’aime! Merci pour tes encouragements Geneviève xx
Le jour 9
Bien attachée à mon harnais et ma ligne de vie, je rame l’esprit tranquille. Lorsque les vagues frisent sous Sara G et qu’elles se fendent sur le pont, mon esprit d’aventure est nourri. Quand une vague m’avale par contre, je ne peux me résigner à lâcher mes rames. Voyez-vous, quand une vague fracasse ma position, je perds parfois contact avec mon siège a coulisse mais en premier se sont mes pieds qui quittent les étriers. Comme mes pieds sont petits, ils flottent dans les sangles et ne m’offrent aucune possibilité afin me retenir à ma position donc je bascule littéralement de mon poste de nage. Je me retrouve insultée, le mot est juste, les gars trouvaient çà comique au début mais depuis hier, ils essaient de me trouver des solutions. Bon ok, je suis résistante mais combien de fois je vais me retrouver sur le pont pieds par-dessus tête?
Hier, la mer était trop formée, je ne serais pas la seule a me faire avaler en d’autres mots, c’était un peu trop de rodéo sur notre siège à coulisse, le capitaine à offert deux solution, l’ancre flottante ou la dérive et tous à l’abris dans les cabines. Après-midi de congé, chaleur intense dans la Stern cabine, seule solution : dormir! Retour au calme, retour à la rame, notre journée nous à quand même donné un millage record de 88 miles! Imaginez si on avait continué!
Notre position actuelle au moment d’écrire ces lignes : 25 degrés 22,449 minutes Nord et 19 degrés 19,653 minutes Ouest
Température beaucoup trop chaude pour une canadienne et non une américaine comme Mike se plait à me dire! Houle et vent directement du Nord, ce qui nous donne une chance d’atteindre notre prochain way point qu’on appelle Cap Verde dans moins de 4 heures.
Correction; pour en revenir aux heures de rame ce qui ne semblait pas être claires en effet :
Je rame de 12h40 a 2h40am et
4h40am a 6h40am et
8h40am a 10h40am et
12h40 a 2h40pm et
4h40pm a 6h40pm et
8h40pm a 10h40 pm
Voila, pensez à moi pour les 20 dernières minutes svp, ce sont les plus dures!
mercredi 20 janvier 2010
Jour 6 et 7
Une semaine en mer! Enfin je peux ouvrir certaines enveloppes que des gens m’ont donnés avant mon départ!
Durant la nuit, un gros cargo est passé tout près de nous à a peine 100 pieds! C’est moi qui ai aperçu en faisant mon Look-Out. L’impression que nous a laissée le monument sur son passage est demeurée omniprésente durant des heures. On s’habitue à notre insignifiance sur les eaux, c’est frappant de rencontrer un mastodonte d’aussi près.
Des baleines.. Au début de mon quart de rame, j’ai trouvé la mer environnante ennuyante et très ''dépaysante''. Depuis le Maroc, on a eu droit à des océans mouvementés, en m’installant aux avirons, je découvre une mer d’huile, calme, presque irréelle, sans défi, pas de challenge possible sans courant ni vagues. Après quelques coups de rame; l’ennui total. Ce paysage fantastique se prêtait bien à la rencontre de mammifères marins; des baleines nous ont entourées par dizaine. Elles étaient loin, timides, farouches mais elles nous ont laissées apercevoir la magie de leur présence.
Aux jours 6 et 7 nous avons parcouru respectivement 55 et 58 miles.
Mylène xx
Durant la nuit, un gros cargo est passé tout près de nous à a peine 100 pieds! C’est moi qui ai aperçu en faisant mon Look-Out. L’impression que nous a laissée le monument sur son passage est demeurée omniprésente durant des heures. On s’habitue à notre insignifiance sur les eaux, c’est frappant de rencontrer un mastodonte d’aussi près.
Des baleines.. Au début de mon quart de rame, j’ai trouvé la mer environnante ennuyante et très ''dépaysante''. Depuis le Maroc, on a eu droit à des océans mouvementés, en m’installant aux avirons, je découvre une mer d’huile, calme, presque irréelle, sans défi, pas de challenge possible sans courant ni vagues. Après quelques coups de rame; l’ennui total. Ce paysage fantastique se prêtait bien à la rencontre de mammifères marins; des baleines nous ont entourées par dizaine. Elles étaient loin, timides, farouches mais elles nous ont laissées apercevoir la magie de leur présence.
Aux jours 6 et 7 nous avons parcouru respectivement 55 et 58 miles.
Mylène xx
mardi 19 janvier 2010
Jour 6
Lors de l’un de mes premiers chiffres aux avirons, je m’endors, Peter me supplie de me faire un café… ce qui me prend un temps fou. Le temps s’écoule très rapidement. La nuit : Awsome! Nous sommes sur une autre planète! Littéralement. Je ne peux vous faire qu’une brève description pour mise en situation : vous ramez, tout devant, deux coéquipiers dorment, le monde vous appartient, derrière, deux coéquipiers travaillent et s’efforcent de suivre votre rythme. Vous donnez la cadence. Chacun de vos efforts pour effectuer une sortie de l’eau parfaite de votre aviron provoque un son de slash incroyable qui suit l’embarcation et laisse place à une mousse frétillante le long de la coque. Vous pouvez sentir le mouvement de Sara G, la puissance des vagues, le vent et … le silence. Cette nuit encore nous nous sommes arrêtés, Mike, Matt et moi, un moment pour écouter, écouter ce que nous croyons hors de portée pour la majorité des citoyens occidentaux; le silence.
L’éolienne a éprouvé des difficultés, elle s’est détachée de son point d’appui, réparation oblige, mon quart de rame est écourté! Quelques heures plus tard, je soupçonne un capitaine thinking « I don’t fancy rowing this afternoon » so « who fancies a swim? » …
15 minutes plus tard; Pedro était prêt a sauter… mais une petite minute, j’ai déjà dit moi lors de mon dernier anniversaire bien arrosé que je voulais être la première à sauter… et toute seule en plus! Je leur ai fait promettre de me suivre aussitôt que je touche à l’eau…
Une des expériences les plus étranges de ma vie oui! Vous faite un bref tour d’horizon pour un quick Shark Watch, rien en vue, tout se faisant vous vous dites ; pourquoi attendre, c’est maintenant, qu’il n’y a rien, plus j’attends, moins de distance me sépare d’un potentiel prédateur, donc je saute. Turquoise, c’est la couleur qu’elle impressionne une fois dedans. Froide, salée et profonde. Je regarde mes « mates » qui se moquent bien de moi parce que personne ne me suit. Naïve!
Une journée difficile nous a donc donne que 54 miles de distance parcouru.
Notre position actuelle est 226 degrés 54,864 minutes Nord et 015 degrés 53,180 Ouest.
À demain, vous savez… j’ai aussi vu d’autres mammifères… a demain pour en savoir plus.
Mardi 14h30 à Radio-Canada, C’est ca la vie.
L’éolienne a éprouvé des difficultés, elle s’est détachée de son point d’appui, réparation oblige, mon quart de rame est écourté! Quelques heures plus tard, je soupçonne un capitaine thinking « I don’t fancy rowing this afternoon » so « who fancies a swim? » …
15 minutes plus tard; Pedro était prêt a sauter… mais une petite minute, j’ai déjà dit moi lors de mon dernier anniversaire bien arrosé que je voulais être la première à sauter… et toute seule en plus! Je leur ai fait promettre de me suivre aussitôt que je touche à l’eau…
Une des expériences les plus étranges de ma vie oui! Vous faite un bref tour d’horizon pour un quick Shark Watch, rien en vue, tout se faisant vous vous dites ; pourquoi attendre, c’est maintenant, qu’il n’y a rien, plus j’attends, moins de distance me sépare d’un potentiel prédateur, donc je saute. Turquoise, c’est la couleur qu’elle impressionne une fois dedans. Froide, salée et profonde. Je regarde mes « mates » qui se moquent bien de moi parce que personne ne me suit. Naïve!
Une journée difficile nous a donc donne que 54 miles de distance parcouru.
Notre position actuelle est 226 degrés 54,864 minutes Nord et 015 degrés 53,180 Ouest.
À demain, vous savez… j’ai aussi vu d’autres mammifères… a demain pour en savoir plus.
Mardi 14h30 à Radio-Canada, C’est ca la vie.
lundi 18 janvier 2010
Jour 4 et 5: dernier jour sale…
Day 4 et 5: dernier jour sale…
J’ai souvent lu dans des récit de rameurs d’océans des anecdotes d’hallucinations… Bien attelée a mon poste de nage, durant la nuit, après près de 50 heures de rame en 4 jours, en approchant des eaux achalandées près des iles canaries, nous devions surveiller rigoureusement le passage des cargos et autres embarcations en circulation. En ramant parfois je tombe de sommeil et mes rêves se fondent légèrement a la réalité, je crois tout d’un coup qu’on doit arrêter au marche ou faire des emplettes! Rêver éveillé, on connait, mais de la a voir ce que j’ai vu : a bâbord se dresse un bloc appartement décorée de lumières de noël! Tout a disparu aussitôt que j’ai pris mes esprits pour dire « something on starbord! » Après quoi ils m’ont dit : “what… what did you see?”
Tous, sans exception… avons pris soin de nous laver enfin hier! Âpres 5 jours avec la même camisole (record a vie) il était temps! Il faut dire que le jour et la nuit n’offre plus la même perspective vu d’ici. Baby wipes et compagnie font la job … comme on dit!
J’ai vraiment l’impression d’être encore le 12! Les jours se composent de 12 quarts de rame des quels je rame 6. Deux quarts de travail de jour, un au soleil couchant (Dusk), deux quart de nuit complète et un quart du lever du soleil (Dawn) (celui que je déteste, la magie disparait et le jour lève le voile sur une mer grise avant le soleil)
En ce jour 4 nous avons parcouru 72 miles et ce jour 5; 84! Ces deux jours ont pu profiter d’un vent et d’une houle Nord-est (bon d’accord, ce n’est pas terrible si on se dirie vers le Sud-ouest mais c’est moins pire que ce qui nous attend pour 3 jours : vent et houle du Sud-est! Progression difficile à prévoir.
La mer nous a donne des opportunités par centaines, on a eu la chance de surfer sur quelques vagues qui nous ont fait atteindre des vitesses incroyables! Quelles sensations; a couper le souffle!
Au GPS : notre record est de 5.3 nœuds … Come on guys, we can do it!
Pour le reste, on tient la cadence, on travaille fort pour rester en forme et ne pas se blesser, tout le monde aide tout le monde, c’est bien de découvrir la fraternité!
Je vous tiens au courant
Position actuelle : 27 degrés 12,96 minutes Nord et 14 degrés 59, 80 minutes Ouest
Mylène
J’ai souvent lu dans des récit de rameurs d’océans des anecdotes d’hallucinations… Bien attelée a mon poste de nage, durant la nuit, après près de 50 heures de rame en 4 jours, en approchant des eaux achalandées près des iles canaries, nous devions surveiller rigoureusement le passage des cargos et autres embarcations en circulation. En ramant parfois je tombe de sommeil et mes rêves se fondent légèrement a la réalité, je crois tout d’un coup qu’on doit arrêter au marche ou faire des emplettes! Rêver éveillé, on connait, mais de la a voir ce que j’ai vu : a bâbord se dresse un bloc appartement décorée de lumières de noël! Tout a disparu aussitôt que j’ai pris mes esprits pour dire « something on starbord! » Après quoi ils m’ont dit : “what… what did you see?”
Tous, sans exception… avons pris soin de nous laver enfin hier! Âpres 5 jours avec la même camisole (record a vie) il était temps! Il faut dire que le jour et la nuit n’offre plus la même perspective vu d’ici. Baby wipes et compagnie font la job … comme on dit!
J’ai vraiment l’impression d’être encore le 12! Les jours se composent de 12 quarts de rame des quels je rame 6. Deux quarts de travail de jour, un au soleil couchant (Dusk), deux quart de nuit complète et un quart du lever du soleil (Dawn) (celui que je déteste, la magie disparait et le jour lève le voile sur une mer grise avant le soleil)
En ce jour 4 nous avons parcouru 72 miles et ce jour 5; 84! Ces deux jours ont pu profiter d’un vent et d’une houle Nord-est (bon d’accord, ce n’est pas terrible si on se dirie vers le Sud-ouest mais c’est moins pire que ce qui nous attend pour 3 jours : vent et houle du Sud-est! Progression difficile à prévoir.
La mer nous a donne des opportunités par centaines, on a eu la chance de surfer sur quelques vagues qui nous ont fait atteindre des vitesses incroyables! Quelles sensations; a couper le souffle!
Au GPS : notre record est de 5.3 nœuds … Come on guys, we can do it!
Pour le reste, on tient la cadence, on travaille fort pour rester en forme et ne pas se blesser, tout le monde aide tout le monde, c’est bien de découvrir la fraternité!
Je vous tiens au courant
Position actuelle : 27 degrés 12,96 minutes Nord et 14 degrés 59, 80 minutes Ouest
Mylène
samedi 16 janvier 2010
Jour 3
Jour 3 : 74 miles parcourus, un vent d’ouest caressait la coque de Sara G et nous donnait un mal fou a garder une cadence et un rythme comme Sara G le mérite. En gros l’embarcation tangue généralement a bâbord ce qui provoque un mal de dos a droite! La houle était longue et nous levait en plein vent. Le plaisir que nous avons eu a ramer dans les dernières 24 heures démontre qu’avec passion on franchi des distances impressionnantes. Au jour deux seulement 62 miles étaient inscrits au compteur. Nous attendons un vent du nord qui nous permettra peut-être de surfer nos premières vagues!!! Du plaisir a l’horizon Malheureusement mon blog sera très expéditif puisque nous éprouvons des problèmes avec notre tel satellite. Position actuelle : 29 degrés, 35 minutes 877 nord 13 degrés 00 minutes 5708 West"
Mylène
Mylène
jeudi 14 janvier 2010
Mon quart préféré...
Mon quart préféré est sans contredit celui de nuit. Cette deuxième nuit aux avirons m’à fait vivre les plus beaux moments jusqu’ici. Le ciel complètement couvert nous a offert le plus absolu des univers, rien que nous sur Sara G qui avance tel une comète dans l’infini noirceur. Les marins vous le diront, l’impression de vitesse est triple en nuit ardente donc rien à voir avec la distance parcourue. Aussitôt que la lumière du jour fait son entrée, c’est une déception en soi.
Nous sommes maintenant à plus de 85 miles des côtes Marocaines. Notre position actuelle à 4h pm (GMT) est 21 degrés 21 minutes 271 nord et 11 degrés 55 minutes 382 ouest.
Mes difficultés jusqu’ici se trouvent entre la 20e et la 40e minute de la fin de mon quart. Jamais le temps ne m’à semblé aussi long. Voilà mes horaires 12h40 à 2h40 et aux deux heures de rame… suivent deux heures de repos. À toutes les 2h20, 6h20, 10h20, 14h20, 18h20 et 22h20, heure de Montréal, vous penserez à moi qui regarde sa montre au moins 20 fois avant de terminer mon quart vers la 40e minute de l’heure. Mis à part, mes heures aux avirons sont heureuses, peu souffrantes et bien sur exténuantes!
La météo est bonne malgré le vent et la houle qui ne sont pas d’accord, ce qui donne lieu à des vagues hachurées et peu régulières.
A demain!
Nous sommes maintenant à plus de 85 miles des côtes Marocaines. Notre position actuelle à 4h pm (GMT) est 21 degrés 21 minutes 271 nord et 11 degrés 55 minutes 382 ouest.
Mes difficultés jusqu’ici se trouvent entre la 20e et la 40e minute de la fin de mon quart. Jamais le temps ne m’à semblé aussi long. Voilà mes horaires 12h40 à 2h40 et aux deux heures de rame… suivent deux heures de repos. À toutes les 2h20, 6h20, 10h20, 14h20, 18h20 et 22h20, heure de Montréal, vous penserez à moi qui regarde sa montre au moins 20 fois avant de terminer mon quart vers la 40e minute de l’heure. Mis à part, mes heures aux avirons sont heureuses, peu souffrantes et bien sur exténuantes!
La météo est bonne malgré le vent et la houle qui ne sont pas d’accord, ce qui donne lieu à des vagues hachurées et peu régulières.
A demain!
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